« Vous n’aurez pas mon vote »

La France, en ce printemps 2017, compte plus de 67 millions d’habitants et 42 millions de votants. Reprenons une fois de plus les résultats.

  • Nous avons combattu la loi Travail, et son capitalisme sauvage, et nous votons Macron.
  • Nous voulons une véritable cohésion sociale, du « plus jamais ça », et nous votons Le Pen.
  • Nous dénonçons sans cesse la corruption de nos dirigeants, et nous votons Fillon.

Alors certes, une gauche avec enfin quelques couleurs sociales, a fait son apparition. Autre fait concret, les 20% d’abstention constituent la preuve qu’une partie de l’électorat ne se reconnaît toujours pas ni dans les programmes, ni dans le système lui-même. Mais cela ne suffit pas, ne suffit plus. Justifier, expliquer, raisonner l’électeur qui donne sa voix à ceux-là mêmes qui travaillent à bafouer ses droits. Et puis non. À quoi bon essayer de comprendre ce que même Kafka n’aurait songé à écrire ?

En dépit des inégalités, des abus passés et à venir, les citoyens choisissent sans hésitation le modèle capitaliste, et acceptent une société au service des grandes entreprises et des lobbies, garantie par des élites oligarchiques et népotistes. Ce second tour s’impose ni plus ni moins comme un choix insoluble entre capitalisme et néo-fascisme. Autrement dit, monter dans le bus d’Émile Louis ou la camionnette de Michel Fourniret. Merci, mais je préfère continuer à pied.

Le feu brûle, mais voulez-vous en être sûr ? Fort bien, vous irez donc vous frotter aux nostalgiques des ratonnades, à l’autoritarisme frontiste avide d’en finir avec les luttes sociales et ces damnées féministes qui prétendent disposer de leur corps. L’option d’un ex-banquier fort peu critique sur le monde de la finance, approuvé par des mécènes de ce même milieu, aussi emphatique avec les travailleurs que la mère Thatcher ?

Autrement dit, continuer à faire le lit de l’extrême-droite par des politiques d’austérité, d’exclusion sociale et de courses au profit. Donc, seulement retarder l’échéance. Le choix du 7 mai prochain n’est qu’une imposture, et nous avons tout fait pour cela. Désormais, je m’en lave les mains.