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Vive le Bio ! Ou comment les pouvoirs publics lui font la guerre

On ne compte plus les scandales sanitaires qui s’enchainent à un rythme effrayant. Quand ce n’est pas l’industrie pharmaceutique qui fait les têtes d’affiches, c’est l’agro-industrie qui s’évertue à lui voler la vedette. Et bien évidemment, nos pouvoirs publics, au nom du sacro-saint principe de précaution œuvrent autant que cela leur est possible pour nous offrir et nous garantir un monde de plus en plus propre. J’en veux pour exemple l’édifiante enquête d’Élise Lucet (merci à elle et son équipe) diffusée sur France 2 le 13 Septembre.

Au lieu de favoriser les AMAP, les initiatives locales pour produire proprement et durablement, de privilégier les circuits courts, tous nos pouvoirs publics font le jeu des industriels de la malbouffe. J’en veux pour ultime exemple, l’histoire des époux Bourgeois qui produisent du pain à partir d’une farine biologique produite localement. Ils sont également adhérents au label « Nature & Progrès », label plus restrictif que le label AB, mais non agréé par les pouvoirs publics. Ce couple de boulangers se retrouve devant le tribunal, accusé d’avoir trompé ses clients. L’histoire complète est relatée sur Reporter.net. Prenez le temps de la lire, vous vous ferez une idée de l’abyssale absurdité de l’administration.
Ce cas, n’est malheureusement pas isolé. On se trouve face à une conjonction de facteurs qui aboutit à l’exact opposé de l’intérêt général : des contrôleurs tatillons et manifestement à côté du sujet, une administration qui accepte d’instruire un dossier qui ne le mérite manifestement pas, des réglementations faites uniquement pour l’agro-industrie et pour abuser le consommateur.

Le système ne peut pas autoriser les citoyens à produire eux-mêmes, pour eux-mêmes pour plusieurs excellentes raisons ; l’industrie ne ferait plus de profits insensés, les lobbyistes n’auraient plus de raisons d’exister, l’état ne pourrait plus taxer les produits (les profits des industriels sont déjà plus ou moins épargnés par toute une série de mesures dont la dernière en date le CICE est resplendissante de démagogie). Et pour se garantir de toute velléité d’émancipation de la population, rien n’est plus efficace qu’un arsenal juridique totalement dévoyé et à la solde du pouvoir (le pouvoir réel, celui de l’argent).
Et ce n’est pas l’interventionnisme scandaleux de S. Le folle sur l’étiquetage alimentaire qui va améliorer les choses…