Skip to content

#UrgenceTchétchénie : l’indifférence ?

Une large opération de répression de la communauté LGBT serait orchestrée par les pouvoirs tchétchènes selon le journal d’opposition russe Novaïa Gazeta, qui a notamment révélé l’existence de 5 prisons secrètes où plus d’une centaine d’homosexuels seraient détenus illégalement, battus et humiliés. Convoqué par Vladimir Poutine, le président Ramzan Kadyrov a démenti ces informations avant que son porte-parole et de nombreux députés avancent le postulat selon lequel les homosexuels n’existeraient tout simplement pas en Tchétchénie.

Connu pour être ouvertement hostile à la politique du Kremlin, et dans la lignée de l’action d’Anna Politkovskaïa, ce journal indépendant a trouvé un fort relai auprès d’ONG et différents réseaux LGBT à travers le monde. De cette manière, plusieurs pays se sont dits favorables à l’accueil de réfugiés, et la mise en place d’une ligne téléphonique d’urgence a été possible afin d’apporter une aide à cette communauté au sein de laquelle 3 personnes auraient récemment trouvé la mort.

Si trois associations françaises ont réussi à attirer un minimum d’attention sur cette abomination par un recours devant la CPI pour génocide, leur message peine à faire écho dans la plus haute sphère de l’Etat français. Le ministère des affaires étrangères a ouvert la porte à une potentielle étude de visas à caractère humanitaire, mais la nuance subsiste malgré la dénonciation des instances européennes. Ainsi, la répression ne donne pour l’instant pas lieu à cette pression étatique attendue et la mobilisation citoyenne se heurte à un insupportable silence politique.

Au lendemain de l’élection présidentielle, l’absence quasi totale de débat sur l’intervention française quant à la situation tchétchène laisse ainsi perplexe sur les valeurs du pays qui a déjà été remarqué pour son inaction face à la crise des réfugiés syriens. Où est ainsi passé l’héritage de l’universalisme des droits de l’Homme prôné à la fin de la Seconde Guerre Mondiale ? Où est passé l’honneur de nos hommes politiques qui se revendiquent sans cesse défenseurs des droits et libertés fondamentales ? Où est passé l’humanisme français face à une situation aussi inhumaine ?