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Sécurité, première de nos libertés ?

1er novembre 2017 – L’état d’urgence prend fin deux ans après les attentats de janvier. Deux jours plus tôt, la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme était promulguée.

Le terrorisme n’est pourtant pas un fait nouveau. Ce mot à la définition si floue, voire inexistante, serait à réinterroger. Tout comme les mesures prises pour lutter contre. Efficacité encore à démontrer, ces dernières ne répondent-elles pas d’abord aux attentes de notre société ? Paradoxe quand on y pense pour une société en demande constante de protection et de surveillance mais qui ne craint pas de donner de manière active ou passive des données aux géants d’Internet. Notre société serait-elle anesthésiée pour accepter des lois qui sont en recul sur le plan des libertés publiques ?

Bien qu’il y ait besoin d’une défense, nous ne souhaitons pas voir la surveillance devenir notre quotidien qui, loin de nous apaiser, provoque l’anxiété, si ce n’est pire, la banalité. On nous dit pourtant que la sécurité est la première de nos libertés. Cependant, à l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, il n’y a que la sûreté, garantie de nos droits contre l’arbitraire de l’Etat.

Au-delà de la création d’un ennemi commun, commode et sans ambiguïté, dont le politique peut tirer sa légitimité pour gouverner, le terrorisme présente l’opportunité pour un Etat de renforcer son contrôle sur une société si cette dernière ne veille pas. C’est l’occasion, par exemple, de neutraliser plus facilement des manifestations citoyennes comme Occupy Wall Street ou Nuit Debout. Et que penser du poids des entreprises qui vivent de la sécurité ? N’ont-elles pas intérêt à ce que le sentiment d’insécurité persiste ? Vers l’univers d’Orwell, il n’y a qu’un pas.

Ne peut-on pas s’interroger sur les racines du mal ? S’interroger sur les colères et les frustrations d’égarés en quête de martyre ? Sur les raisons d’un départ pour le jihad et les ratés d’une intégration dans la communauté nationale ? Pour lutter contre la radicalisation ne peut-on pas d’abord prévenir en s’appuyant sur l’éducation, l’urbanisme ou les associations ? A défaut de couper les vivres à ces dernières.