Revue de Rue à Rennes

« Situations tendues », « affrontements », « casseurs », « prises d’otages », « guérilla urbaine ».

En endossant la responsabilité du gouvernement avec la mesure du 49.3, il était prévisible que la réforme impopulaire de la Loi Travail fasse des remous.

Si l’on parle de violence fréquemment du coté des manifestants, il aura fallu attendre que des journalistes officiel.le.s soient chargé.e.s par la police, pour que le quotidien régional Ouest France parle pour la première fois de violences policières.

Le 02 Juin, on recense 25 blessé.e.s à Rennes, dont 3 hospitalisations. Le préfet a tenu une conférence de presse, dans laquelle il appelle à « comprendre les conditions de travail difficiles des forces de l’ordre ». Aujourd’hui, un cortège a été pris d’assaut par des véhicules de police lancés à vive allure.

Bataille pour le centre ville

La Salle de la Cité, ancienne Maison du Peuple, a été occupée deux fois à Rennes. Les occupations auront successivement duré 12, puis 2 jours. Elle se situe dans le centre ville historique de Rennes, lieu rassemblant la plus grande partie des symboles, l’hypercentre est systématiquement blindé par la Mairie. Désormais, c’est à tous moments que des patrouilles arpentent la Place Saint Anne.

Une volonté indéniable d’empêcher les manifestations d’accéder au centre se fait sentir. L’aide des médias relayant des informations de « casseurs » permet à la Mairie de compter sur un certain soutien dans ses méthodes répressives. Soutien qu’elle doit impérativement conserver pour demeurer crédible dans sa démarche.

Par conséquent, la violence s’accentue à l’encontre des rassemblements. Avant ce nouveau cap, des dizaines de tirs de flashball avaient été essuyés dimanche soir par les 400 personnes rassemblées. La Brigade Anti-Criminalité fait preuve d’un niveau de violence inquiétant, d’autant qu’on en attend toujours le point culminant.

Liberté d’expression ?

Cette chape répressive déployée autour du centre ne plaît à personne. Des Rennais.e.s déplorent la casse, au titre que « ce n’est pas ça qui fera avancer les choses ». D’autres la cautionnent, ou se refusent à condamner. En témoigne la manifestation sauvage du vendredi 13 Mai qui a ravagé principalement les banques du centre ville, ou une grosse partie du cortège demeurait spectateur. Comment faire comprendre aux médias que les « casseurs » sur lesquels ils s’acharnent représentent des idées, et non des groupuscules dangereux ?

« Je me suis pris un coup de matraque sur la tête. Heureusement que j’avais un casque sinon je serais à l’hôpital. Sur mon casque est bien écrit « Presse », donc c’était tout à fait délibéré » Vincent Feuray, photographe indépendant.

Taranis News a relayé une vidéo d’un photographe indépendant rennais forcé de supprimer ses photos par la police rennaise. « Arrêtez de pigner » entend-on sur la vidéo d’un membre de la BAC. Si « pigner », c’est défendre la liberté d’expression et d’information, l’agitation rennaise a peu de chances de s’essoufler.

Alors oui, à Rennes, tous ceux qui s’opposent à la Loi Travail ne le font pas de la même manière. La tentative de diviser, si ce n’est de vulgairement sectoriser les protestataires entre « gentils » et « méchants », a volé en éclat, lorsque des policiers ont chargé des manifestants dans leurs véhicules.