Le revenu universel d’existence, une utopie pas si coûteuse

Benoît Hamon est le seul parmi les candidat.e.s à la Présidence de la République à proposer un revenu universel d’existence (RUE). Le candidat propose que chaque mois les jeunes de 18 à 25 touchent ce RUE de 600€. De plus, tous les Français.e.s majeur.e.s touchant moins de 1,9 SMIC (soit 2812€ brut mensuel) pourront bénéficier de ce revenu supplémentaire, pouvant aller jusqu’à 600€.

Pour cette proposition, Benoît Hamon reçoit beaucoup de critiques, aussi bien à droite qu’à gauche. On lui reproche le coût de la mesure : 35 milliards d’euros par an. Pour rappel, le CICE (dont l’efficacité reste à prouver), coûte chaque année à l’État près de 20 milliards, tandis que la prime d’activité coûte elle 5 milliards. Soit 25 milliards d’euros mal investis, qui n’apporte que très peu aux Français.e.s dans le besoin.

Par ailleurs, le Ministère de l’Économie et des Finances estime que l’évasion fiscale représente une perte pour l’État de 50 à 80 milliards d’euros par an. Tandis que les plus démuni.e.s et les plus précaires peinent à finir le mois, les entreprises et les grands groupes placent leur argent dans les paradis fiscaux, échappant ainsi à l’impôt. Pourquoi alors s’indigner du coût de ce RUE et ne pas s’indigner de cette évasion fiscale massive ? Pourquoi ne demanderions-nous pas à ceux-là de contribuer à la richesse et à la solidarité nationale ?

Au delà des arguments purement économiques qui n’ont que peu d’intérêt, interrogeons-nous sur la valeur symbolique du RUE porté aujourd’hui par le candidat de Gauche. Le RUE ne serait-il pas une solution aux salaires trop bas, au temps partiel subi, à la double journée de travail subie par certaines femmes ? Cela ne donnerait-il pas aux Français.e.s une sécurité supplémentaire ? Cela ne les encouragerait-il pas à profiter de leur vie, à prendre du temps pour eux, à sortir, à se cultiver, à prendre des vacances ?

Enfin, demandons-nous : Ne voulons-nous pas d’une société solidaire, où le plus riche aide le plus pauvre ; ne voulons-nous pas d’une société heureuse et bienveillante, où chacun.e aurait confiance en soi, où chacun.e vivrait décemment ? Si vous en rêvez, le RUE le permettra.