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Qui sont vraiment les « assistés » ?

Régulièrement, des hommes et des femmes politiques viennent sur les plateaux de télévision pour parler des assistés de notre société. Le panel est large : il va de Manuel Valls, pour la « gauche » à Marine Le Pen, pour l’extrême-droite. Selon eux, le système français serait trop généreux, on donnerait trop d’argent aux pauvres. Cela les inciterait à rester chez eux, plutôt que d’aller chercher un travail.

Si ces hommes et ces femmes pensent que vivre avec des revenus à peine plus hauts que le seuil de pauvreté est décent, on imagine qu’eux et elles aussi vivent avec de tels revenus. Mais ce serait sans compter la légendaire hypocrisie et la mythomanie de nos « dirigeants ».

Pour ne citer que deux exemples : un ancien Président de la République siégeant de droit au Conseil constitutionnel, tel que Valéry Giscard d’Estaing, touche environ 12 000 € chaque mois au titre de cette participation ; et un député, tel que François Fillon, peut toucher jusqu’à 11 SMIC en un mois, à lui seul. Encore, c’est sans compter les magouilles politiciennes.

Ces magouilles qui font la Une de la presse écrite et des JT des derniers jours. Emploi fictif, détournement des fonds publics, cumul des mandats, opacité des budgets des collectivités, la question persiste : combien de nos impôts vont directement dans les poches de nos élus ? Le contribuable est en droit de se poser la question et de demander des comptes à ses représentants, tel que l’impose la Déclaration des Droits de l’Homme qui dit : « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration » (article 15). Ceux-ci nieront et parleront de calomnie, de « coup d’Etat » du camp adverse, à la manière de François et Pénélope.

Au vue de toutes les révélations de ce genre, et elles ne sont pas rares (affaire Juppé dans les années 2000, affaire Bygmalion, affaire Bettencourt, affaires Balkany, affaire Fillon), on se demande bien qui sont les vrais assistés de notre système, entre celles et ceux qui peinent chaque mois à vivre dignement et celles et ceux qui vivent grâce aux impôts des Français. Mais à cette question, comme tant d’autres qui fâchent, ils ne répondront pas.