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Quelles oppositions pour quelle assemblée ?

La France abrite un présidentialisme majoritaire, c’est-à-dire un parlementarisme où le chef de la majorité n’est autre que le président de la république, dépendant de cette même majorité pour l’exercice de ses pouvoirs. Une relation passionnée mais écorchée, qui oscille entre amourette et conflits. En 2000, le septennat présidentiel devient quinquennat, limitant les risques de cohabitation. L’assemblée est plus encore, une main du président.

Les législatives de cette année ont vu déferler la vague macronniste, submergeant les partis traditionnels. Un vent nouveau qui a semé les graines d’un questionnement abondant. Quel risque démocratique à la toute puissance d’un parti unique ? En 2012, Hollande aussi avait pu se réjouir d’avoir une assemblée à sa couleur, pourtant nul ne s’était scandalisé en dressant l’étendard démocratique. Et ce parce que, contrairement à aujourd’hui, l’opposition était nette et structurée. La grande question née de ce premier tour est simple, qui pour arrêter le pouvoir du seul Macron ?

Le fonctionnement du système majoritaire n’est pas clément avec les groupes situés aux extrêmes et ni l’insoumission de Mélenchon ni le bleu Marine ne seront assez forts pour former un groupe d’opposition solide. Puisqu’aucune entente entre ces deux groupes n’est envisageable, on ne peut imaginer une coalition. Quant aux partis gouvernementaux, PS et LR, ils devront avant tout clarifier leurs lignes de démarcation avec la majorité présidentielle. Leurs implosions respectives ont éparpillé leurs membres entre soutien en marche et opposants à l’arrêt. Pour la première fois, sans doute, nous n’aurons pas au lendemain des résultats, d’opposition évidente. Il faudrait regarder les mois, voire les années passer, pour qu’elle se dessine.

Mais, si la démocratie s’exprime par ses institutions, elle le fait aussi par le pavé. Alors, la rue pourrait demeurer la seule arène de contestation. Les partis extrêmes, France Insoumise en tête, ont su durant la campagne en faire le lieu des mobilisations et des rassemblements. Si les syndicats, CGT d’abord, peinent à s’ériger en porte-voix, les partis trahis par le scrutin majoritaire pourraient eux en appeler à la rue.