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Pouvoir & Servitude

Depuis toujours, l’Homme est en quête de pouvoir, entre prise de contrôle et envie de domination, il nourrit continuellement cette avidité le conduisant à bien des guerres et des changements au sein des sociétés que lui même bâti.

Au fil des temps et des époques, la notion de « Pouvoir » a considérablement évolué passant de la capacité pour son détenteur à pouvoir tout faire (au delà des lois et des règles) à celle de parler et de faire parler, de trancher, de décider d’agir et de réagir pour le bien de tous tout en respectant les règles décidées au sein de la société, il sert également à une meilleure organisation des actions choisies par le peuple, une meilleure canalisation des décisions de celui-ci afin d’en optimiser les effets. D’où la création de l’Etat comme on se l’imagine, mais pas exactement.

L’État, appareil premier et organisation conçue afin de répondre de manière ordonnée et efficace aux attentes du peuple, est constitué de différents membres y exerçant leur profession en parallèle, ces mêmes membres sont dirigés par le plus important personnage du groupe que l’on nommera Chef de l’État.

Le Chef de l’État a donc ce « pouvoir » de mobilisation des masses, le « pouvoir » de trancher sur des décisions importantes, de mobiliser la justice et les forces armées du pays ainsi que de faire valoir au mieux les droits du peuple, telles sont -grosso modo- les forces d’action de celui à qui l’on confie ce « pouvoir ».

Il est à noter que le pouvoir est donc bien synonyme d’être apte, de mener et de diriger, mais représente en parallèle une servitude, celle qu’une personne décide de subir dans l’intérêt du groupe de personnes (du peuple ) auquel il appartient. On pourrait schématiser la situation par un échange de bons procédés : »avoir le pouvoir » c’est « prendre la responsabilité de », et en effet, à partir de là, le contexte prend une toute autre tournure réduisant le Chef de l’État à un(e) simple citoyen(ne) se livrant aux innombrables problèmes des autres dans le but de rendre leur quotidien meilleur. Voilà qui devient intéressant. Intéressant, car tout ce qui est mentionné ici n’est à l’heure actuelle qu’utopie et c’est bien la triste nouvelle.

Le Chef de l’État aujourd’hui, est non pas un Homme de pouvoir, mais un Homme aux plein pouvoirs, très présent sur les écrans télévisés mais très peu sur le terrain, décidant de la pluie et du beau temps au sein de son territoire (et même dans d’autres de nos jours ) donnant l’impression de gérer tout les soucis du peuple, que rien ne lui échappe, rien ne lui est impossible, acclamé et applaudi au début et à la fin de ses discours par son corps politique et médiatique (individus aussi présents à travers les médias), caché derrière une horde de gardes du corps, circulant généralement en voiture haut de gamme (ou en avion privé), blindée avec chauffeur, choses pour lesquelles il ne paye aucun sous (il est d’ailleurs indemnisé de beaucoup de ses dépenses personnelles) mais encore plus, bénéficie de transports gratuits sur tout le territoire, d’une retraite d’ancien chef d’État à partir de ses 60 ans s’élevant à plus de 5000 euros par mois, d’une voiture, d’un garde du corps et d’un bureau pour son secrétariat qu’il peut conserver à vie, tout ceci sans oublier une immunité diplomatique complète durant l’intégralité de son ou ses mandats.

Voici les grandes lignes du quotidien d’un Chef d’Etat que l’on choisit aujourd’hui, que l’on se doit de respecter car sur papier et promesses, sa fonction première est de réfléchir, de trouver des solutions rapides et efficaces aux problèmes de la société, de réduire les dépenses faramineuses surtout en ces temps de difficultés du marché de l’emploi, de gagner la confiance des concitoyens donc de pouvoir aller vers pratiquement tout le monde sans problèmes ni protocoles, d’être sur un maximum de terrains possibles, à l’écoute d’un maximum de citoyens, femmes ou hommes, jeunes ou âgés, avec ou sans emploi, au delà de toute frontière raciale, culturelle ou religieuse.

Aujourd’hui, le schéma est pratiquement le même au sein de tous les Etats (ce qui laisse assez perplexe dans le fond) : la ghettoïsation de certains quartiers et l’exclusion de certaines souches de personnes, les lois mises en place affectant les différentes libertés des citoyens, les grands palais, galas et dépenses (montant souvent à des sommes pharaoniques ) mises en place, des fois simplement pour les petits caprices des responsables politiques ainsi que leur déplacements assurés par une armada de forces de l’ordre et d’agents de sécurité sans compter les innombrables privilèges dont ils bénéficient biaisent considérablement l’équilibre, la justice ainsi que l’équité sociale.

Il est assez impressionnant de voir de tels paradoxes sociaux à une époque où la vie devient de plus en plus dure pour beaucoup de personnes de tous horizons, où la justesse dans la justice se doit d’être au plus haut, où la manière et la liberté de penser évoluent, et où l’information et l’échange dépassent les frontières nourrissant ainsi le quotidien des individus aux quatre coins  de la planète. Nous pensons « démocratie » lorsqu’il s’agit d’idéaliser nos modes de vie et de faire valoir nos droits mais cette démocratie que nous avons fabriqué de toutes pièces par une Organisation des Nations Unies (ONU) dirigée elle même par un conseil de sécurité quelque peu mafieux (affaire du prétexte de l’entraxe et armes de destructions massives en Irak, utilisé par les américains pour une invasion et guerre préméditée par l’administration Bush), une déclaration des droits de l’Homme et des résolutions très souvent bafouées par certaines entités politiques (colonisation, crimes de masses en Palestine et destruction de flottilles de paix à Gaza par Israël, travaux forcés au Qatar et éradication progressive des libertés de presse en Arabie saoudite et en Egypte depuis la prise du pouvoir par Al-Sissi) existe t-elle vraiment ? assure t-elle vraiment l’équité et l’égalité  et la liberté des individus ? La démocratie peut-elle acceptée le silence de responsables politiques devant des injustices et des crimes contre l’humanité ? Il est alors à se demander si les détenteurs actuels de pouvoir ne seraient tout simplement pas des copies conformes, une sorte de reproduction 2.0 de l’Homme d’hier, usant et abusant de leur pouvoirs au delà de toute norme et de toute justice assurant le respect et l’égalité entre les hommes.