« Passer le premier tour serait le soufflet fait à ce système »

Interview de Vincent Arnoul, le candidat de « Projet2017 »

 


01La France traverse-t-elle une crise démocratique ?

C’est une évidence si l’on considère être en démocratie ! Ce mot diffusé dans les médias ou la bouche des politiques n’est qu’un terme galvaudé. Étymologiquement, démocratie veut dire le « pouvoir au peuple ». Vous en avez l’impression ? On l’a transformé en pouvoir au peuple de choisir un représentant avec le suffrage universelle. Et quel(le) représentant(e) !?! Ce ne sont que des personnes issues de ce que l’on appelle « le tunnel » : grandes écoles (normal sup, science po, ENA, HEC, etc.). Elles enchaînent avec leurs entrées dans un parti ou deviennent haut fonctionnaire. Ceux qui sont repérés, sont soutenues pour aller aux élections. Vous trouverez à chaque fois des personnes qui ont évoluées à l’abri dans leur bulle et qui en savent moins sur les difficultés d’un quotidien que vous. En place, elles glissent dans le confort des ors de la république tout frais payés qui achève cette déconnexion. Voilà, vous créez un modèle oligarchique (pouvoir réservé à un petit groupe de personnes qui forment une classe dominante).

De plus, a été développé sous la 5eme république un système extrêmement favorable pour ces personnes, normal vous me direz, ce sont eux qui écrivent les règles. Pour entretenir ce système les gros partis touchent des subventions d’État sidérantes. 18 millions a était offert pour les républicains, 25,5 millions pour le Parti socialiste… ça participe à grossir ce que l’on appel en politique un cashflow (la somme d’argent qui achète la visibilité et donc les voix). Ici une partie est alors payé avec vos impôts. Vous contribuez à être influencé car ceci permet la publicité, l’argent pour organiser des meetings, l’emploi afin que ces structures fonctionnent à temps plein. Le cashflow valorise ces partis par les moyens qu’ils se donnent avec l’argent public et privé.
En face vous ne verrez que des bénévoles qui doivent trouver dans leurs temps libres et les moyens du bord. On part pas tous avec le même handicap, au niveau égalité des chances on repassera.

Ajouter que le pouvoir permet de légiférer, ce qui intéresse fortement le secteur privé qui y voient l’occasion d’un investissement astucieux et un petit retour d’ascenseur entendu. Heureusement, ce sont eux aussi qui possèdent les médias et aides à favoriser l’opinion. Ce ne sont que trop peu d’exemples pour ne pas faire trop long. Je ne crois pas qu’il convienne de définir une crise démocratique en France, il faut appeler un chat, un chat, nous sommes sous un régime ploutocrate (gouvernement où l’argent constitue la base principale du pouvoir) tendance oligarchique. Mais ça sonne moins bien.

Qui incarnera « projet 2017 » à l’élection présidentielle ?

C’est moi, Vincent Arnoul. Difficile de ne pas être gêné dans cette réponse. Je n’ai pas de mal à l’assumer, bien au contraire ! Cela me transcende même par la responsabilité offerte. Seulement nous avons un problème avec l’incarnation, la représentativité, pour la raison simple que nous croyons en l’intelligence collective. Notre société souhaite ne mettre en avant que des « leaders » ou « capitaines » mais ces personnes ne sont rien sans les compétences de toute une équipe derrière ou l’inspiration de tout un pan de la population. Ce travers favorise le culte de la personne et c’est dommage.

Je ne me qualifie donc pas comme candidat mais comme un porteur de Projet. C’est simplement parce nous nous sommes rendu compte qu’il fallait bien, dans ce système imposé, répondre un temps aux règles de leur jeu pour faire passer le Projet. Mais la 1ere mesure est bien de mettre en place l’initiative populaire (http://www.projet2017.fr/6e2.html).

Comment et par qui sera-t-il nommé ?

Nous travaillons en interne de manière horizontale, il n’y a pas de hiérarchie, on valorise la responsabilité de chacun. Nous avons dans l’ensemble conscience d’un enjeu, celui d’un intérêt commun, et nous réfléchissons uniquement dans cet intérêt.
Quand nous nous sommes aperçu qu’à l’image de l’Islande, l’Espagne, l’Amérique du sud… Les volontés populaires ne passaient pas par la manifestation mais à l’aide d’élu(e)s issues de cette même population, nous avons dû nous résigner à tenter l’aventure. Dur constat et choix, car l’essentiel des membres du Projet2017 sont abstentionnistes ou désillusionnés du domaine politique. Cela ne c’est donc pas bousculé au portillon. Je fus alors presque naturellement à la fois désigné et volontaire pour différents points.
– Ma situation professionnel, j’arrivais en fin de CDD, je ne pouvais donc être inquiété dans ma situation et j’allais avoir du temps à consacrer.
– Ma situation personnelle, je suis célibataire avec une fille en garde alternée.
Je soulève ces deux points car nous avons eu des témoignages de pressions exercées à ceux qui se frottaient de trop près au domaine politique. Il fallait le prévoir, en avoir conscience, pour celui ou celle qui irait au charbon. Déjà que la route n’est pas simple, mais on vous y colle nombre de pièges ; au cas où vous progressiez un peu trop vite et loin.

Enfin, ce qui a joué en ma faveur aussi est le fait que j’ai participé à tous les chantiers du programme, ceci à cause d’une curiosité maladive que j’ai du mal à soigner. Ça aide, car avoir un(e) candidat(e) qui ne maîtrise pas les sujets ne serait pas au service du Projet. Le but étant, un tant soit peu, capable de répondre aux questions et argumenter autrement que par des lieux communs. Surtout qu’il y ai des chances que l’on nous pose 10 questions sur un thème donné, là où l’on en posera qu’une seule à un ou une candidate connue.

Comment avez-vous constitué votre programme politique ? Et qui a pu participer à sa création?

Énormément de recherche ! Ce qui est partit d’un petit noyau de 7 personnes, c’est développé avec des satellites à plus d’une vingtaine aujourd’hui. Des personnes qui apportent leurs connaissances dans leurs domaines pour expliquer tout simplement la ou les solutions simples qu’ils détiennent. Vous savez, ceux qui connaissent mais que l’on écoutent pas :D.

L’avantage que nous avons, est qu’il n’y a pas d’expert(e)s. ça peut vous sembler curieux mais on a remarqué que du coup nous avions pas à désapprendre. Que nous pouvions appréhender les problèmes et les solutions plausibles sans frein conditionné. Quand vous faite en plus ce travail sans influence lobbyiste, testez, vous arrivez très rapidement à des résultats probants. Nous n’avons rien inventé, l’ensemble des solutions existe ou existait déjà. Il nous a juste fallut les rechercher et les adapter. Pour bien faire, nous éprouvons les propositions dans leurs cohérences et faisabilités. Ce que l’on post est viable, nous ne sommes pas des marchant de rêves.

Pour un exemple concret, nous travaillons sur les énergies libres depuis un moment maintenant, seulement nous n’arrivons pas à une étude concrète et indémontable. Nos recherches n’apparaissent pas. Il existe bien le pétrole bleu (à base d’algues) mais l’implantation demande des conditions trop peu favorable à l’échelle nationale alors on creuse encore.

Maintenant que nous avons travaillé sur une base :
1- l’implantation d’une véritable démocratie avec l’initiative populaire,
2- le financement d’un revenu de base issue d’une monnaie complémentaire nationale qui offrira également une véritable bouffée d’oxygène à notre économie.

Nous continuons, en ouvrant le projet au plus grand nombre. Nous n’avons pas la science infuse et comme déjà dit nous croyons à l’intelligence collective, nous faisons donc appel à elle pour nous aider. Pour cela nous venons d’ouvrir un forum pour que chacun puisse y amener ces idées, propositions, amendements, critiques. (lien dans le menu du site)

Ce Projet2017 n’est pas le notre, au sens « petite équipe », mais que l’on souhaite faire devenir Notre, au dire de chacun. Sans démagogie, au sens concret et réel. Retirez les verrous qui tiennent cette société civil et vous verrez fleurir un champ d’initiative, plus belle les unes que les autres. Donner leur les moyens et vous améliorerez cette société en créant un dynamisme surprenant d’efficacité. Voilà le véritable objectif.

Amener un projet citoyen à l’élection présidentielle, c’est un concept populaire ?

Vous avez du « citoyen » à toute les sauces aujourd’hui. Vous avez une effervescence de courants politiques qui pointent leur nez et voient l’occasion de ce faire un peu de beurre la dessus. La récupération n’a pas de limite. Ces derniers feront une négociation pour des places en promettant l’apport de leur lot de voix. Un « bizbiz » d’entre soi. Ça peut paraître cynique, mais maintenant que je suis dans le petit bain, je constate tout ça, les méthodes employées, la terrible continuité d’un travail de sape sur l’espérance.

A vrai dire, j’aimerais juste que chacun retrouve foi en lui, ou elle, dans son pouvoir d’action. Qu’il ou elle prenne le temps d’identifier l’usurpation. Ce n’est pas si difficile, ce qui l’est, c’est de retrouver une confiance. Nous avons été trompé, fourvoyé, volé, depuis si longtemps que beaucoup ont baissés les bras ou ne veulent plus du tout entendre parler de la politique. Ils nous ont pris jusqu’à notre civisme.

Ce que j’identifie comme un véritable concept populaire, c’est la volonté de retrouver les règles simples d’une république française comme on en a tous la vision, l’aspiration. J’ajouterais qu’en bonus, nous désirons son adaptation moderne menée par une connaissance plus commune des améliorations existantes et de nos sensibilités comme celles liées à l’énergie, l’environnement, etc. Nous connaissant cerné par un appareil politique que l’on sait inefficient et peu propice à ses progrès. nous commençons heureusement à croire que l’un(e) de nous serait légitime et assez courageux(se) pour l’établir.

Ne reste qu’a correctement l’identifier et lui en donner les moyens pour ce faire. Je me rend juste compte que la population est 100 fois plus exigeante sur les critères de cette personnes qu’à ceux à qui elle a déjà donné ou laissé les clefs du pouvoir. Si nous restons dans une volonté d’idéal absolu on est pas sortie. Ceci, pendant que le cirque politique actuel continu son bonhomme de chemin, à nos dépends, finalisant par la même la restriction d’accès au club bientôt privé, comme ce qui fut entamé avec la dernière loi sur la présidentielle. Au départ, saviez-vous qu’il ne fallait que 100 signatures pour être candidat ?

Gagner 2017, fantasme ou réalité probable ?

Nous travaillons sur des vidéos et nous allons l’expliquer dans l’une d’elle comment c’est possible. Quoique l’on pense, nous sommes pas des idéologues utopistes mais bel et bien des personnes rationnelles (trop dès fois).
Si nous franchissons le cap des 500 signatures à la primaire.org (soutenez Vincent Arnoul) et surtout celle des 500 d’élu(e)s nécessaires à la candidature, nous pensons qu’il y a une sérieuse brèche. Nous avons, me semble t-il jamais été aussi mûr. 70 % votent lors des présidentielles, c’est 20 à 30% de plus que toutes les autres en moyenne. Le vote de ce premier tour sera déjà pris en otage avec le vote dit « utile ». Vous allez avoir tout un brassage médiatique sur « les menaces » pour vous faire culpabiliser sur votre vote. Ce qui devrait être un acte sincère et volontaire devient pour la majeure partie de la population, le devoir de voter contre. Il suffit que cette population arrête de croire au père fouettard pour enfin assumer son vote, qu’il devienne enfin voter pour, pour que ça bascule. Passer ce premier tour serait le soufflet fait à ce système, et je pense, un second tour assuré.

Cette brèche dépend de vous tous. De votre volonté d’agir, de la confiance que vous pourriez nous accorder sur le fait que nous désirons autant que vous changer les choses dans le sens commun et avec intelligence. On ne peut le faire qu’ensemble, et nous vous y invitons à participer dès aujourd’hui en vérifiant nos dire et contribuer à nos travaux.

C’est beaucoup demander et c’est un pas. Nous tentons dans notre démarche de lever tout doute qui pourrait nuire à cette étape. Nous espérons également que le contenu du programme parle pour lui sur cette volonté farouche. Si vous ne trouverez pas ailleurs nos propositions ce n’est pas parce qu’elles ne sont pas réalisables mais parce qu’elles sont en totales contradictions avec des intérêts particuliers et/ou privés qui sont grandement financés ou soutenus.

Vous pouvez faire la différence. Il suffit juste que vous en preniez conscience si ce n’est déjà fait…

Mais bénéficier de temps pour se mobiliser et participer à la création d’un projet politique citoyen, ce n’est pas accessible à tous, non ?

Si vous imaginez une action d’engagement plein, évidemment c’est chronophage. Seulement vous pouvez avoir autant d’impact, même plus, par un simple clic, un partage, par le bouche à oreille… Ce temps là est moindre et plus précis. A vrai dire c’est celui que nous voulons privilégier et invitons tous à bien vouloir prendre. N’est-ce pas accessible ?

Le plus est possible mais déjà ça, ce n’est pas si mal, on prend :). Il faut savoir que notre abandon est vraiment leur victoire, notre immobilise, leur laisser un boulevard dans l’action insensé. Nous en faisons le constat terrible au quotidien.

Être partisan, au sens parti et caricaturale n’est pas la seule voie. La structure que nous avons donné au Projet2017 est cette autre voie. Nous ne sommes pas un parti, pas besoin de carte d’adhérent, de prendre la tête, de coller des affiches, d’entrer dans un cadre de penser obligatoire et limiter. Si vous êtes concerné par les problèmes actuelles que vous voulez faire partie de la solution amenez y les vôtres, informez-vous, propagez, soyez virale.

Le Projet2017 n’est pas une étiquette, une bannière mais un moyen que l’on veut ensemble. C’est la volonté de mettre en action la pensée du moment de façon structurée pour qu’elle ne soit plus une utopie mais une réalité.