« Je ne voterai pas FI mais je serai là le 18 mars »

Cher ami de la France Insoumise, le « Je » est important. Le « Je » est important parce que malgré des efforts de part et d’autres, nous ne formerons pas un « nous » le 23 avril prochain. Je le déplore sincèrement, mais le passif, les rancœurs, notre narcissisme et des différents toujours profonds sur certains points de programme et de stratégie en ont décidé ainsi.

Cependant quelque chose a changé, et nul ne peut le nier. Quelque chose est en train de naître, un espoir qui n’éclora pas ce printemps car il germe tout juste. De nombreuses similitudes entre les programmes défendus de Mélenchon à Hamon en passant par Jadot ont permis d’envisager un rapprochement, qui certes n’a pas eu lieu, mais qui nous laisse tout de même entrevoir la possibilité d’une recomposition sur le long terme autour de trois axes majeurs : Une politique éco-socialiste forte, une refondation complète du projet européen, et le passage ici en France de la Vème à la VIème république.

Et c’est parce que les idées sont plus fortes que les voix qui les portent qu’il est tout à fait logique que je vienne marcher avec vous samedi 18 mars. Cette VIème république est capitale afin que nous puissions remettre à plat les règles d’un système qui ne fonctionne plus, qui loin de pourvoir à tous les enfants de Marianne en laisse de plus en plus sur le bas côté. Et au-delà de ce qui nous sépare encore, il est important que les indécis sachent que la VIème république bénéficie d’un large soutien en France. Notre nombre seul les incitera à se pencher sur cette pierre angulaire d’un avenir plus radieux. Notre nombre seul indiquera à ceux qui défendent aveuglément le monarchisme présidentielle que le changement de régime n’est plus qu’une question de temps.

Alors cher ami le 18 mars, le « Je » ne sera pas encore un «nous » définitif,  pour moi, mais aussi pour de nombreux soutiens EELV ou PS qui bien que proche ne peuvent pas encore saisir votre main. Nous cherchons le même futur que vous, nous différons juste sur la route à prendre, mais au regard du fossé qui nous séparait il y a encore quelques mois, c’est déjà un immense progrès. A samedi donc, je serai avec vous avec mes différences de vues, celles qui nous ont fait débattre si violemment au cours de mois passés, mais pour moi, comme pour nombre de camarades écolo ou socialistes, le 18 mars sera l’occasion de faire fleurir le pluriel sur ce qui nous unit déjà. Il sera l’occasion de vous dire, de te dire, qu’au-delà de tous nos différents qui perdurent, tu n’es pas notre ennemi, alors rendez-vous à Bastille, mon ami.