La morale et le rôle de l'Etat

La morale et le rôle de l’Etat

Nous vivons dans un temps de grands progrès sociaux : les droits des personnes LGBTQ sont de plus en plus respectés au niveau de la loi, l’égalité réelle des sexes devient maintenant plus qu’un idéal utopiste. Cependant, de nombreux personnages politiques souhaitent revenir en arrière, retirer ces droits, et cela pour des raisons souvent venant de leurs croyances personnelles, religieuses ou non. Citons par exemple François Fillon, qui souhaite retirer le droit d’adoption plénière aux couples homosexuels, ou le refus permanent de l’Etat d’autoriser la gestation pour autrui.

Nous entrons ici dans un débat autour du rôle de l’Etat dans la vie de ses citoyens, et des droits qu’il a sur eux. L’Etat doit avant tout protéger la liberté de ses citoyens, leur possibilité de vivre, grandir dans une société avec les mêmes droits et devoirs. L’Etat doit faire en sorte que tous puissent vivre ensemble, sans peur des autres. Le gouvernement se doit donc d’interdire des comportements qui nuisent à autrui : le vol, le meurtre, le viol sont les exemples les plus communs.
L’Etat ne devrait absolument pas baser ses lois sur une moralité personnelle ou religieuse, qui interdirait à un grand nombre de personnes le droit de vivre d’une manière qui ne nuit à personne. La GPA, l’adoption plénière pour les couples homosexuels, sont des choses qui n’ont aucun effet négatif démontré sur les personnes qu’elle concerne : l’Etat n’a donc aucune base pour les interdire.

La morale, que grand nombre utilise comme prétexte pour ces interdictions, est une chose personnelle, basée sur des expériences propres ou alors une religion. Il ne peut pas donc exister une morale que l’on pourrait appliquer à tous, car elle est de l’ordre du privé.
De plus en plus de personnes dénoncent un monde décadent, mais cela est basé sur cette morale personnelle, subjective. Des groupes comme La Manif Pour Tous ont absolument le droit d’avoir et d’exprimer leurs idées, mais tant qu’ils ne peuvent prouver que les comportements qu’ils condamnent sont dangereux ou nuisibles pour autrui, ils ne devraient pas pouvoir imposer cette idée aux autres.