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Mieux comprendre l’extrême gauche française

Face aux chiches entretiens dont bénéficient les « petits partis » dits d’extrême gauche, à la condescendance et au travail bâclé que doivent affronter des porte-paroles peu habitués à l’agressivité médiatique, tels Philippe Poutou ou Nathalie Artaud (cf ONPC), voici une tentative de réponse aux clichés les plus redondants.

Quand arrêtera-t-on les références à Staline et Mao ? Brandit-on Ordre Nouveau, Occident et le GUD chaque fois que le FN est invité sur un plateau ? Pourtant pertinent, non ? Si le NPA et LO ne sont pas associés au PCF, c’est justement parce qu’ils récusent toute association avec les dérives violentes et autoritaires engendrées par les régimes communistes.

Le NPA, mais aussi LO, ne peuvent pas s’allier au mouvement de la France Insoumise (PCF compris) puisque les premiers veulent la révolution et la fin du capitalisme, alors que les seconds souhaitent un réformisme (une VIe République, et, par extension, un capitalisme régulé, « à visage humain »). Ces partis-là ne réfléchissent pas selon une logique de course aux postes ni d’alliance pour faire barrage, puisque dans chaque cas, ces stratégies s’inscrivent dans une logique d’acceptation, de compromission avec le système. Or le NPA et LO sont par essence anti-système.

Évidemment que le NPA et LO se présentent aux présidentielles, même s’ils dénoncent le danger de la concentration des pouvoirs en une seule personne ; c’est bien le seul moment où les médias sont obligés de parler un peu d’eux. Le système existe, et la structure politique telle quelle (élections, partis etc.) aussi, qu’ils le veuillent ou non. Donc, plutôt que d’aller bouder dans son coin, ils tentent, malgré tout, une percée dans ledit système pour faire, au moins, entendre leur voix.

Mélenchon apparaît plus honnête et son programme plus abouti que celui du PS, mais il ne peut intéresser l’extrême gauche puisqu’il n’est pas anti-capitaliste. Outre cela, il inquiète parce qu’il est un apparatchik (député, ministre, sénateur …), qu’il joue beaucoup sur sa personne, et donc sur le mythe de l’homme providentiel, alors que le NPA et LO défendent l’idée que tout individu a son importance et son rôle dans le débat politique.