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Merkel IV

On savait l’Allemagne d’Angela Merkel conservatrice et libérale, les élections législatives dernières nous ont révélé qu’elle allait s’affirmer nettement dans ce sens. Finie l’alliance CDU-SPD. Sous la houlette de Martin Schulz, les sociaux-démocrates ont en effet décidé de rentrer dans l’opposition pour se consacrer à l’après-Merkel. Et c’est notamment au parti libéral du FDP, plus conservateur que les conservateurs au pouvoir eux-mêmes, de revenir aux affaires en intégrant la nouvelle coalition gouvernementale.

Drapés de conservatisme ou de progrès à la Silicon Valley comme Emmanuel Macron (référence à la Seine-Saint-Denis), les libéraux s’arrangent toujours pour accéder et rester au pouvoir. Cette coalition qui se dessine en Allemagne est tout à fait illustrative puisqu’en plus des libéraux officiellement déclarés, on y trouve les verts-centristes, cette seule gauche moderne qui nous soit présentée comme vraiment légitime, en apôtres d’un libéralisme des mœurs.

Du côté économique on voit le patron du FDP, Christian Lindner, convoiter ardemment le poste de ministre des Finances, occupé jusqu’ici par Wolfgang Schäuble, la figure de l’orthodoxie budgétaire propre à l’Union qui s’est notamment illustré dans ses volontés froides de débarrasser l’UE de l’encombrante Grèce : berceau de la démocratie européenne, certes, mais enfant terrible de l’austérité bruxelloise avant tout.

Quant au bilan économique et social d’Angela Merkel, il est tout de même très contrasté. D’une part le taux de chômage, indicateur sacré d’une bonne gouvernance, a été divisé par trois en douze ans mais dans un autre temps le taux de travailleurs pauvres a doublé en l’espace de dix petites années. Très évocateur également, la balance commerciale et les comptes publics se portent à merveille tandis que le nombre de travailleurs cumulant deux emplois a augmenté de quatre-vingt pour cent en douze ans.

Il s’agit précisément de savoir si nous devons cautionner d’avoir au gouvernail de nos destinées sociales, ces hommes et ces femmes si ambitieuses pour leur part de l’Histoire qu’ils sont prêts à servir un modèle indigne du progrès dont ils se prévalent de défendre constamment la voie.