Mélenchon, un tyran main dans la main avec les dictateurs du monde ?

« D’un côté, on nous enjoint de regarder les conflits par le petit bout de la lorgnette et de porter sur chaque événement un jugement moral, sous peine d’être versé au camp du mal ; mais d’un autre côté, on discrédite le seul objectif moral en matière de géopolitique, c’est-à-dire la paix. Mélenchon raisonne exactement à l’inverse : c’est parce qu’il se donne la paix pour objectif qu’il s’efforce de développer une analyse froide et réaliste des conflits. » (Olivier Tonneau)

Mélenchon n’est pas un tyran en puissance. Il ne veut pas s’arroger plus de pouvoirs mais au contraire la fin de ce qu’il appelle la monarchie présidentielle. Son Assemblée Constituante, parfaitement légale (le programme ayant été approuvé par des juristes) sera encadrée par deux référendums, elle permettra au peuple de réécrire les règles du jeu lui-même. C’est l’inverse de ce qu’a fait Erdogan en Turquie, autocrate qui a réécrit lui-même sa constitution. D’autre part, Amnesty International a déclaré que le programme de la France Insoumise respectait de près leurs recommandations pour la préservation des libertés individuelles. Enfin, le référendum révocatoire sera peut-être le moyen de débarrasser la politique de ses affaires.

Alors l’ALBA est-elle une alliance de pays voyous ? La Russie ne fait plus partie de ses Etats observateurs. Et l’Iran est un pays déjà largement côtoyé par le dernier gouvernement (dont M. Macron) après l’accord de Vienne qui l’a réintégré dans les relations internationales. De manière générale, les deux derniers présidents ont déjà établi des liens de toutes sortes avec des régimes également douteux dont la Lybie de Khadafi et la Syrie d’Al-Assad (Sarkozy), le Qatar et l’Arabie Saoudite (Hollande). L’ALBA n’est pas un nouvel accord de libre-échange mais un de coopération qui pourrait participer à aider les territoires français d’Amérique du Sud et des Caraïbes dont la Guyane, actuellement dans une grande crise sociale.

Mélenchon est qualifié d’« extrême » mais sa politique internationale est tout à fait réfléchie. Là encore, son programme est appuyé par l’expérience de spécialistes : les géopolitologues Hubert Védrine ou Pascal Boniface célèbres dans les classes prépa ont une analyse très proche de celle de la France Insoumise. Le positionnement de l’OTAN en Pologne est une provocation inutile et dangereuse. Selon ses propres mots, Mélenchon ne veut pas de l’Europe de la Défense, parce qu’elle est nécessairement une Europe de l’attaque.