Mélenchon, le seul candidat humaniste ?

Respecté et respectable, Jean-Luc Mélenchon continue d’incarner une certaine vision utopique de la France. Ancien membre du PS, il aspire à la fonction suprême pour refondre notre société institutionnelle par la mise en place d’une VIè République qu’il désire plus juste. Ses valeurs humaines, c’est peut-être ce qui explique l’impression de fraîcheur d’un homme qui se présente à sa 2ème élection présidentielle à 65 ans, mais qui se différencie par une réelle volonté de justice sociale qui a l’air de désormais faire défaut chez nos professionnels de la politique et « favoris » pour la présidence du futur quinquennat.

Que l’on soit partisan ou non du projet économique d’un homme qui se veut anti-libéral, on ne peut qu’admettre les bienfaits du discours de Jean-Luc Mélenchon qui fait de l’urgence sociale, de la paix et de l’écologie des bases fondamentales de sa vision de l’avenir. Celui qui déclare avoir pour premier objectif de ne plus voir personne dormir dans la rue, s’envole désormais dans les enquêtes d’opinion et apparait comme la solution humaniste de cette campagne pourrie par les affaires et la crainte des conflits d’intérêts.

Dans le cas d’une défaite, la gauche pourra regretter d’avoir vu s’affronter deux hommes aux valeurs si proches mais dont l’alliance s’avérait impossible. Car si Mélenchon avait pourtant quitté le PS après la défaite de Benoit Hamon pour l’investiture du parti en 2008, il aurait trahi ses convictions et son projet en se rangeant derrière le gagnant de la dernière primaire après avoir tant dénoncé les combines d’appareil.

Tribun hors norme décrié pour ses coups de gueule légitimes mais à la limite de l’hystérie, l’ancien ministre est respecté par l’ensemble de la classe politique et relance les cartes de la campagne à la suite d’un debat où il s’est une fois de plus différencié du reste des candidats. Allant jusqu’à faire douter l’électorat de droite, l’homme politique de gauche le plus populaire de France pourrait être la nouvelle surprise que les sondages n’auront (une fois de plus) pas vu venir.