Malaise autour des pesticides

Les pesticides se sont imposés dans l’agriculture intensive française à partir de 1950. Au départ, ces substances chimiques, qui permettaient d’augmenter la productivité, ont été favorablement accueillies par le secteur agricole. Mais cet enthousiasme des débuts s’est progressivement atténué après les premières études scientifiques. Des réserves ont alors été émises sur les pesticides. Ils dégradaient les écosystèmes en polluant les sols et les cours d’eau. Malgré ces constats, la prise de conscience de la société a mis du temps à s’opérer.

Aujourd’hui, la France est le premier producteur en Europe et le deuxième consommateur de pesticides. De 2011 à 2014, leur utilisation a augmenté de 5,8% alors même que, depuis 2009, s’amorçait une baisse des rendements agricoles.

Quel est l’impact réel des pesticides sur l’être humain et son environnement ?

Les risques sur la santé humaine ne sont plus à démontrer. Les pesticides sont des perturbateurs endocriniens, capables de dérégler le système hormonal. De manière générale, une multitude de pesticides sont classés CMR — cancérogènes, mutagènes (toxiques pour l’ADN) ou reprotoxiques (nocifs pour la fertilité). Ils sont à l’origine de plusieurs maladies en lien avec le système hormonal : diabète de type 2, obésité, cancers. Dans cette logique, la maladie de Parkinson a été reconnue en 2012 maladie professionnelle en lien avec les pesticides.

Au-delà des risques sanitaires, l’impact des pesticides est aussi inquiétant sur l’environnement et sur l’équilibre des écosystèmes. La pollution de l’eau pose véritablement problème : en 2013, 93% des cours d’eau étaient pollués par les pesticides, et dans la plupart des cas, plusieurs pesticides étaient présents dans l’eau. L’interdiction de pêche sur certaines parties du Rhône atteste d’une réalité inquiétante, celle de la pollution au PCB et donc d’une contamination des espèces présentes dans les cours d’eau. La biodiversité est donc mise en danger.

Les pesticides sont aussi régulièrement impliqués dans la mort de pollinisateurs comme les abeilles. Pourtant, sans eux, c’est tout un écosystème qui est menacé. Dans ces conditions, l’agriculture biologique apparaît comme une solution possible pour préserver l’environnement. Mais d’ici mi-mai, la Commission européenne devrait à nouveau autoriser l’utilisation du glyphosate et ce, pour la décennie à venir.

Face aux prémices d’un bouleversement écologique, quelles solutions mettre en œuvre ?