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Macron : une rentrée agitée en perspective ?

Le gouvernement d’Emmanuel Macron va devoir se confronter à l’exercice périlleux de la rentrée de septembre. Quels défis attendent Jupiter ?

Après quatre mois au pouvoir, le président a vu sa côte de popularité chuter plus bas que celle de son prédécesseur à la même période. Le jeune prodige a vu certains de ses lieutenants embourbés dans des affaires judiciaires ou des polémiques stériles et s’est attiré la colère de l’armée avec la démission historique du chef d’état-major. L’épisode des APL et les déclarations des députés LREM auront illustré avec justesse le mépris de classe qui suinte de cette nouvelle majorité. L’Assemblée Nationale s’est transformée en une farce grotesque durant l’été, et nul doute que son activité sera particulièrement scrutée.

Face à cette formidable démonstration que la Ve République est devenue une machine à produire de la médiocrité politique, la rue se prépare à l’ébullition. Du côté protestataire, de nouvelles forces politiques pourraient bien jouer un rôle. La France Insoumise a annoncé vouloir faire la jonction entre l’opposition institutionnelle et la lutte dans la rue, indépendamment de la position des grandes centrales syndicales. Le Front Social s’affirmera peut-être à son tour comme nouvel acteur du mouvement social ; il souhaite unir tous les opposants à la politique libérale du président et avait attaqué dès le lendemain du second tour de l’élection présidentielle.

Le défi majeur pour le gouvernement, c’est bien entendu la réforme du code du travail, dont Macron veut qu’elle soit bouclée avant la fin du mois de septembre. La contre-attaque du mouvement social est donc en préparation, avec une première journée de mobilisation le mardi 12 septembre. L’opposition attend également de pied ferme la loi antiterroriste qui fera vivre la France dans un état d’urgence permanent et devra se battre pour la défense des libertés individuelles.

L’épreuve de la rue, les premières dissensions internes et l’impopularité naissante du président viennent relativiser l’image du président intouchable et irrésistible. Après son adoubement médiatique et son succès électoral, c’est désormais à l’exigence populaire qu’il va devoir faire face.