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Macron ou le triomphe de l’économisme

La Macronmania s’est emparée de notre société. On disserte sur cet homme qui transcende les clivages et révolutionne la politique. Gardons tout de même à l’esprit que, dans les années 1930, ni droite, ni gauche était le slogan des fascistes. En réalité, le plus dangereux chez Macron est son idéologie : il est le symbole même de l’économisme, un mal qui nous ronge depuis longtemps.

L’économisme, c’est la croyance que l’économie résout tout. C’est la négation des diverses dimensions de l’homme, à commencer par sa dimension spirituelle, pour le réduire au strict minimum : l’homo economicus, un consommateur et un producteur. Non, ce modèle n’est pas utilisé qu’en cours d’économie. Il est sorti depuis longtemps des manuels pour s’introduire dans les mentalités et, surtout, au cœur de la vie politique. L’essayiste Natacha Polony explique :

« Nous avons voulu nous affranchir de toute vision de l’être humain, de toute appartenance et réduire l’homme à sa définition la plus racornie : un individu raisonnable cherchant à maximiser son bien-être. »

Macron s’inscrit exactement dans cette explication des maux de la France, vus par le prisme unique de l’économisme, ce que n’a pas tardé à dénoncer Alain Finkielkraut. Le nouvel Académicien écrit :

« En marche vers quoi ? Macron s’avance, nous invite à marcher avec une vision exclusivement économique du monde. L’économie explique tout, l’économie résout tout. C’est le problème et la solution. […] Il met toute son intelligence au service de la pure exigence de produire et de consommer toujours plus. »

Macron c’est l’abdication du politique devant la mondialisation, au moment où celle-ci a justement besoin d’être contrôlée. Au cours d’un débat avec Luc Ferry, prophète aveugle de la troisième révolution industrielle et du transhumanisme, Michel Onfray l’a ainsi expliqué :

« Le macronisme ne consiste pas à réguler ce mouvement mais plutôt à l’épouser le mieux possible. Il ne défend pas l’idée d’une restauration du politique mais plutôt la dilution de ce qu’il représente dans le mouvement irrésistible de la technique, de l’économie, du progrès. »