L’importance des mots dans la presse

Lorsqu’un journaliste écrit, 3 étapes constituent la formation de son article. Tout d’abord il y a l’idée, l’information brute. C’est la perception directe d’une action, d’une décision politique, la réflexion au sujet d’une idée ou le souvenir qui constituent la base d’un papier journalistique. Puis en second lieu, il devra enquêter pour mieux comprendre ce qu’il a perçu. À cette étape tout n’est que réel ou pensée et par conséquent rien n’est retranscrit, rien n’est papier et ne peut être communiqué. La dernière étape est celle de l’écriture, c’est celle qui prendra le plus de temps et qui sera sans doutes la plus importante. C’est ici que les faits ou l’idée sont rapportés, qu’être journaliste prend tout son sens.

Savoir n’être qu’un passeur entre l’événement et le public, un intermédiaire qui se doit de décrire les événements intégralement et exactement comme il les reçoit. Le langage et le sens des mots employés sont donc deux éléments essentiels dans l’écriture de presse. Quand il est nécessaire que le journaliste soit objectif, les mots qu’il emploie se doivent donc de l’être aussi. Ils ont donc un enjeu politique très fort dans le journalisme.

Certains rédacteurs n’ont aucun scrupule à employer aisément des termes d’origines militantes, chose qui prouve qu’aujourd’hui l’informateur ne prend plus suffisamment le temps d’analyser les mots et expressions qu’il utilise. On retrouve par exemple le terme “sans-papier” qui est à la base utilisé pour désigner des personnes qui ne sont pas en règle sans utiliser le mot “clandestin” qui a une tournure plus péjorative. L’utilisation d’adverbes temporels peut aussi démontrer le parti pris d’un rédacteur, cela s’observe facilement avec les exemples de la peine de mort et du mariage homosexuel : “la peine de mort est encore légale dans certains États des États-Unis” et “le mariage homosexuel est déjà légalisé dans de nombreux pays”.

Donc inconsciemment, un journaliste qui ne fait pas attention à la signification des mots peut utiliser des qualificatifs qui vont glorifier ou discréditer ce qu’il désigne. Le langage employé par un journaliste résulte donc de ce qu’il considère comme faisant parti du camp du bien.