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L’heure du choix

Entre deux maux, il faut savoir choisir le moindre. Cette expression, nous l’entendons tous les jours depuis ce dimanche d’élection présidentielle qui a vu arriver en tète du premier tour Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Cette montée inexorable du Front National est avant tout l’une des conséquences délétères de 15 ans de l’abandon des classes populaires et de la banalisation du discours xénophobe.

Du débat sur l’identité nationale à la stigmatisation des jeunes des quartiers, en passant par les polémiques sans fin sur le voile islamique et le burkini et sans oublier l’odieuse proposition de déchéance de nationalité pour les binationaux, les thématiques de l’extrême droite ont été reprises en chœur par la Droite et la Gauche de gouvernement. Ces mêmes pompiers pyromanes que les électeurs viennent de sanctionner nous exhortent aujourd’hui à « faire barrage » au Front National.

Comme beaucoup de militants, j’avoue avoir hésité à m’abstenir estimant que ce vote par défaut était de nature à favoriser, à moyen et long terme, le Front National. C’est un choix exigeant.

Pour autant, j’estime qu’entre Mr Macron et Mme Le Pen ce n’est pas « blanc bonnet, bonnet blanc ». La première est une raciste ouvertement islamophobe, qui conduira la France à l’isolement et à la division. Elle est l’héritière de toutes les causes détestables portées par son père : la collaboration, la guerre d’Algérie et la défense du colonialisme ; pire encore une grande bourgeoise déguisée en porte-voix des plus humbles. Elle déshonore les valeurs universalistes et d’ouverture qui fondent l’identité de notre pays.

Certes, le second est un libéral assumé, produit des élites, qui renforcera le caractère inégalitaire de notre société. Il n’en demeure pas moins un démocrate, rejetant toute forme de discrimination et semblant vouloir accepter l’Histoire de France dans toutes ses dimensions, y compris les plus sombres.

J’ajoute enfin que je me refuse par contre à jeter la pierre à celles et ceux qui voteront blanc ce dimanche car je comprends profondément leur déception. Je fais donc le choix de voter pour le moindre mal, sans états d’âme et sans illusions, et plus que jamais prêt.