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L’Europe, le nouveau clivage

En 2005 avait lieu le fameux référendum sur la Constitution pour l’Europe qui avait permis de mettre en lumière l’euroscepticisme de ce pays avec 54,5% d’électeurs rejetant le TECE. Encore aujourd’hui, il continue de modeler le paysage politique français.

Mais que reste t-il vraiment de cette vieille opposition gauche-droite ? Des débris bien fragiles. Déjà en 2005, la campagne pour le oui avait soudé une gauche et une droite qui avaient fait fi de leurs antagonismes politiques dans une défense invétérée du drapeau bicolore. Durant tout le long de la campagne présidentielle, Hamon et Mélenchon n’ont pas arrêté de se disputer sur l’Europe et sur le plan B inconcevable de ce dernier. Le candidat PS a d’ailleurs explicité son intention de se distancer de la France Insoumise avec la création de son mouvement transpartisan autoproclamé pro-européen.

Du côté de l’extrême droite, c’est Philippot qui a réaffirmé sur TF1 qu’il quitterait le FN si son parti abandonnait la sortie de l’euro. Quant aux républicains, Nadine Morano, partisane d’une droite dure avait expliqué sur le plateau de Zemmour et Naulleau en quoi c’était le sujet européen qui la séparait irrémédiablement du FN. Certains se demandaient pourquoi celle qui avait créé la polémique de la race blanche et qui s’était insurgée au sujet de la surpopulation africaine dans certains quartiers français n’avait pas encore rejoint le parti de Marine Le Pen. La question de l’Europe divise alors jusqu’à empêcher le ralliement de personnes aux thématiques centrales similaires, mais jusqu’où divisera-t-elle la France ?

Les visions les plus alarmistes font figurer un Front National à 45% au second tour de l’élection présidentielle de 2022. Peut-être. Ce qui est sûr cependant, c’est que le sujet européen est le reflet de divisions entre deux France : celle des grandes métropoles qui voient la mondialisation de manière angélique et la France rurale, isolée et précarisée qui considère qu’elle a été la grande oubliée de mesures politiques en faveur de populations issues de l’immigration. Ces deux France-là sont certes caricaturales et minoritaires, mais elles ont forgé le clivage politique de demain.