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Les jolies étudiantes dans le lit des papa-gâteaux

Pour « réussir » dans un système libéral, on se met à chercher des idées neuves, pas ou encore peu exploitées, et dont on imagine qu’elles pourraient rapporter de l’argent à long terme. Pour cela, susciter le désir est une loi.

Il y a quelques temps, un petit groupe d’amis norvégiens s’est donc attelé à trouver l’imparable, comme s’y atèle chaque aspirant entrepreneur. Dénicher ce sur quoi les êtres compteront toujours, ce besoin pour lequel les plus aisés d’entre eux ne pourront jamais s’empêcher de débourser de grosses sommes. Puisque cynisme et avidité font bon ménage, puisqu’il n’y a plus vraiment de limites morales dans nos sociétés (malgré les plaintes incessantes des contempteurs de l’État, qui prétendent le contraire) : quoi de mieux que la satisfaction du désir sexuel ?

En effet, pour ces jeunes et ambitieux nordiques, un constat – il est vrai déplorable – était de mise : il n’était jusqu’ici pas assez simple, pour un riche dont la fortune devrait tout permettre, de trouver la jeune femme de ses rêves, qu’ils soient tendres ou pornographiques. Car si la prostitution que l’on connaît depuis l’Antiquité persiste, sans aucun doute du fait qu’elle nous a de tout temps échappé, cette nouvelle prostitution de luxe doit être encadrée par les lois sacrés du libre commerce. Un concept d’une simplicité inouïe : aux fortunés frustrés, offrir un large choix de beautés étudiantes qui soient évidemment sans le sou et qui, par ailleurs, rechignent à travailler au McDo ou opter pour le fameux « prêt étudiant » ; la pub remorquée et polémique n’hésitant pas à faire valoir l’aspect préférable de leur solution – juste immonde.

C’est ainsi que les associations de jeunes libéraux-libertariens tels Students For Liberty ont trouvé de quoi défendre cette campagne publicitaire totalement indécente par l’argument suprême du progressisme libéral, opposé selon eux aux « idées du passé » , que représenterait toute remise en question de ce type de dérives. Il est grand temps de se poser la question : ces jeunes libéraux défendent-ils la même liberté que nous ?