L'engagement jeune : rien ne se créé tout se transforme

L’engagement jeune : rien ne se perd tout se transforme

Aujourd’hui appelée “Génération Y”, l’image dominante de la jeunesse renvoie à une masse informe désintéressée de tout et ne voulant pas se préoccuper des luttes politiques, économiques, sociales, de tout ce qui ne concernerait pas leur quotidien. La jeunesse d’aujourd’hui n’est pas dépolitisée, chose mainte fois entendue, elle peut être “départisanisée” puisque l’engagement dans les partis ne recèle pas le même engouement qu’il y a 40 ans mais cette jeunesse s’intéresse au fond des choses, à la Politique avec un grand P.

Pourquoi cette jeunesse a cette réputation d’avoir peur de l’engagement ? Ne cherchons point les causes exogènes qui ont toujours existées : le fait d’un manque de temps ou d’argent pour s’investir. Il faut dès lors se tourner vers des causes plus endogènes : l’engagement étiqueté, surtout partisan, fait peur. Cette jeunesse est pragmatique, réfléchie, pose des questions (d’où la génération “Why”), elle s’engage plus généralement pour des idées/luttes plutôt que de s’étiqueter. Mais cette génération s’engage, sur toutes les formes, le mot d’ordre de ces jeunes est de se rendre utile et d’y trouver son épanouissement personnel. Alors si ce n’est plus autant d’engagement partisan, c’est dans l’associatif, dans l’humanitaire, dans les ONG, mais la jeunesse est toujours présente. C’est le cas aussi sur Montpellier par exemple, le renouveau de l’engagement associatif jeune est lancé depuis quelques années et passionne bon nombre de Montpelliérains au travers de leurs actions. Cette jeunesse propose des Joutes Oratoires, des Maraudes pour les SDF, des ateliers pour Enfants contre le Harcèlement, des Conférences, de la Prévention Santé, des Aides Juridiques ou encore des cafés débats. Toutes ces actions peuvent se retrouver seulement sur une ville remplie de jeunes.

La jeunesse n’est pas à stigmatiser, parce qu’elle n’est pas nombriliste ni fainéante mais se tourne vers l’action altruiste. Qu’elle reste aujourd’hui partisane ou qu’elle prenne d’autres formes, la jeunesse s’organise pour penser, aider, éduquer, débattre.
Alors ne faudrait-il pas changer de regard ? S’intéresser aux jeunes qui s’activent par tous les biais et qui se frayent un chemin pour se faire connaître de par leur nouveau mode opératoire.
Au-delà même de juger la jeunesse sur sa volonté d’action, elle est souvent jugée sur son oisiveté ou ses pensées de toujours refaire le monde sans réflexion. Si la jeunesse souhaite réinventer c’est aussi avec des réflexions préalables et si la Politique ne plaît plus aux jeunes, c’est aussi qu’ils la réinventent.
N’oublions pas que de tout temps la jeunesse avait une image péjorative, Platon disait lui-même dans La République : “Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.”.