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Le parti unique en ordre de bataille

Ceux qui ont voté Macron contre l’extrême droite en seront pour leurs frais : la voilà à la manœuvre, disposant de l’intégralité des pouvoirs législatifs, exécutifs, et extra-judiciaires. Une opération médiatique sans précédent a conduit à la disparition pure et simple de toute forme légale d’opposition parlementaire.

D’extrême droite, vraiment ? Qu’on en juge.
De la création d’une police politique secrète sous les ordres directs du Président (le CNCT) à l’instauration de l’état d’urgence permanent, des allusions racistes sur les kwassa-kwassa au traitement inhumain des exilés de Calais, de la remise en cause du droit de grève à la disparition du Code du travail, de l’intimidation des journalistes par le Garde des sceaux aux poursuites judiciaires contre deux organes de presse : toutes les initiatives du gouvernement se situent clairement dans une vision anti-sociale, répressive, autoritaire, brutale de l’usage du pouvoir à l’usage exclusif des nantis, et au mépris des garanties constitutionnelles accordées à tout être humain.

Les candidats de la République en marche en passe d’être élus dimanche n’ont en commun que d’être issus d’une seule et unique classe sociale, et ne sont liés ensemble que par la volonté d’en défendre les intérêts par tous les moyens de l’État. Pour le reste, je gage que la mesquinerie et la morale douteuse de ces affairistes enclins aux caprices les conduiront vite à se déchirer sous nos yeux excédés.

Tout ce que le pays compte de lobbyistes, de courtisans, de cadres supérieurs, de bien nés et de gens de biens, s’est rallié au pouvoir autocratique du nouveau monarque, dont l’idéologie plastique ne manquera pas de le forcer aux contorsions les plus grotesques. Et nous voilà comme au spectacle apocalyptique d’un cynisme débridé prêt à détruire ce qui reste de légitimité démocratique à l’ordre public de ce pays.

Mais cette majorité écrasante, pour puissante qu’elle soit, ne trouve pas d’écho dans la réalité du pays, qui s’en détourne en masse. Et cette illusion médiatique, cette divinité autoproclamée fera bientôt l’expérience qu’ont connue avant elle d’autres monarques tout-puissants : le soulèvement populaire.