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Le capitalisme : On en remet une couche ?

La plupart des TPE-PME sont dirigées par des hommes ou des femmes qui ont bâti leur société, souvent familiale,  à la  sueur de leur front en travaillant souvent bien au-delà des 35 heures. Dans ces entreprises-là, le « patron » connaît chacun de ses « gars ». Certes ce n’est pas tous les jours aussi festif qu’à Ibiza, pas de piscine de Moët & Chandon, mais tout cela reste de dimension humaine et chacun, peu ou prou, trouve sa place et une rémunération correcte. Ces entreprises sont le ciment de la société car chacun y est utile, et chaque nom a un visage.

A l’opposé de ces entreprises, on trouve les grands groupes industriels, mastodontes internationaux hydriques,  surfant avec délectation sur les frontières floues de l’optimisation fiscale et de la délocalisation. Ces grands groupes n’ont qu’un objectif, clair, affiché et parfaitement assumé : rentabilité à 2 chiffres. Là, plus question de connaître ses employés, car les connaître c’est les humaniser. Et c’est donc s’exposer à des turpitudes morales dangereuses si l’on essaie de comprendre comment sont réalisés les profits. Il est impératif de s’interdire de penser que derrière les chiffres il y a des hommes et des femmes, des vies !

Le géant Amazon a souvent été pointé du doigt pour ses conditions de travail et son hégémonique impératif de productivité, mais Oxfam (ONG qui travaille contre la pauvreté) nous apprend aujourd’hui que le secteur de la production avicole aux États-Unis va encore plus loin dans l’exploitation de l’homme. Les employés en sont réduits à porter des couches pour éviter de demander à aller aux toilettes (Huffington Post / le Monde)… Et dans le même temps, ce même secteur semble engranger des profits records. (Bien évidement le principal exploitant , Tyson foods, nie en bloc ces accusations).

Cet exemple est certes le plus abject dont j’ai connaissance, mais je me souviens de Pentair à Ham(80), 4 millions de bénéfices en 2015, carnet de commandes plein mais fermeture programmée car plus assez rentable, de Florange, de goodyear,…

L’homme est de manière systématique sacrifié sur l’autel de la rentabilité. L’homme n’est même plus une variable d’ajustement, c’est devenu l’élément à enlever de l’équation capitalistique.

Je n’ai pas de solution; pour le moment. Je n’ai qu’un sentiment de malaise qui grandit insidieusement. Même le boycott me semble inutile, tant la production est concentrée sur quelques groupes industriels gigantesques. Ce que je sais en revanche, ce dont je suis sûr, c’est que l’avenir de l’homme n’est pas là, ne peut pas être là. Ou alors, il faudra réécrire la définition de l’homme.