Jacqueline Sauvage graciée : des questions se posent

Jacqueline Sauvage graciée : des questions se posent

Jacqueline Sauvage va enfin être libérée de prison. Et ce, à l’aide de la grâce présidentielle accordée par François Hollande, après de nombreux mois de mobilisations.
Mais au-delà du seul cas de cette dame, deux questions sont soulevées : celle de la législation relative à la violence conjugale – et la violence en général – et celle de la grâce présidentielle.

La législation sur les violences ne protège pas assez les victimes. Celles-ci subissent des pressions psychologiques de la part de leurs bourreaux. Il est primordial de les prendre davantage en compte. Le cas de Jacqueline Sauvage est uniquement celui d’une personne ayant voulu se libérer de son bourreau. Cela s’est mal fini pour lui. Certes, il est important de réaffirmer que dans notre République, tuer reste crime. Mais ruiner la vie d’une personne l’est également ! Est-ce de la légitime défense ? Possible. Je crois aussi que l’Etat se rend coupable lorsque l’on arrive à des situations pareilles : Pourquoi n’a-t-on pas pu prévenir cela ? Pourquoi personne n’est intervenu ? Peut-être que c’est l’ensemble de la politique d’accompagnement des victimes qui serait à revoir. D’abord en améliorant l’efficacité des services d’assistance sociale (en augmentant les effectifs notamment). Puis en arrêtant de minimiser les plaintes des victimes parvenant à se rendre au commissariat. Enfin, en proposant aux victimes de véritables thérapies, les aidant à se reconstruire.

Partant du principe qu’une République parlementaire est nécessaire, la grâce présidentielle est une aberration démocratique : la Justice ne peut être remise en cause par une seule personne. Cependant, un cas particulier peut soulever des problèmes juridiques auxquels un Gouvernement n’a pas pensé. Pour cela, je crois qu’une grâce parlementaire – grâce proposée par le Premier Ministre et votée par le Parlement – ou populaire – proposée par le Premier Ministre/le corps électoral puis votée sous forme de référendum – serait plus juste. La décision ne serait pas le fait du prince et permettrait de créer un véritable débat, source de démocratie.