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Imaginer un service européen plutôt que national

Ces projets de retour d’un service civilo-militaire généralisé pour les « jeunes » sont une mauvaise idée. En premier lieu les militaires n’en veulent pas. Des jeunes formés en masse à la vas-vite c’est tout l’inverse de ce dont ils ont besoin, une élite de professionnels aguerris et expérimentés. Sans parler des casernes qui n’existent plus et qu’il faudrait reconstruire.

En second lieu, l’idée fantasmée qui sous-tend ces projets est absurde: « en six mois, ces jeunes vont se mélanger et s’imprégner des valeurs de la République ». Un jeune homme de 18 ans sort généralement de treize années ou plus passées avec d’autres jeunes à l’école. Si ces treize années ne lui ont pas suffi à acquérir quelques valeurs républicaines et laïques, ce ne sont pas 6 mois de plus qui changeront quelque chose. Dans ce cas, c’est plutôt l’école qu’il faut changer plutôt qu’inventer une rustine républicaine.

Pour autant, peut-être qu’autre chose serait possible, un vrai grand projet d’avenir, porteur de valeurs, d’intégration et d’universalisme : un grand programme d’échange européen. Aujourd’hui tous les enfants de la classe moyenne qui sont à l’Université passent une, deux ou trois années à l’étranger dans le cadre du programme Erasmus. Ils en sortent heureux, riches de réseaux, d’expériences variées, d’enrichissement culturel. Erasmus arrive toujours en tête des réussites de l’Union Européenne dans toutes les enquêtes.

Étendons ce programme. Faisons en sorte que tous les jeunes Européens, ou pour démarrer ceux de pays volontaires, aillent passer une année à l’étranger, avec un programme de travail et une formation à la clef. Programme de préférence basé sur le volontariat. Mais soyons sûr que, si le projet est bien monté, la quasi-totalité des jeunes se porteront volontaires. Beaucoup en reviendront ouverts aux valeurs européennes, certains avec un mari ou une femme étrangère. D’autres ne reviendront pas et s’installeront dans un autre pays européen.

Un service national, non. Un service européen, oui.