Skip to content

Le Front National : apaisé pour gagner

Le Front National, surmédiatisé et confortablement positionné dans les sondages d’opinion, adopte une stratégie de communication intelligente pour gagner le second tour de 2017. La campagne se fera « Au nom du peuple » par une candidate « ni de droite ni de gauche » pour ratisser plus large. Les chances pour que la plupart de leurs électeurs ne partagent pas les convictions du parti sont fortes. Ils ont en revanche le même dégoût pour notre classe politique.

Marine Le Pen et son équipe l’ont bien compris et se placent en fonction de cette colère pour qu’elle les porte au pouvoir. Le Front National fut longtemps un parti d’opposition sans jamais trop vouloir occuper le poste suprême. Mais il semblerait que la vocation du parti ait changée. Pour réussir, ils devront alors rassembler davantage qu’en 2012. Dans cette perspective, les sigles « Au nom du peuple » et « ni de droite ni de gauche » prennent alors une dimension non plus politique mais électorale évidente. Seulement, quelle sera l’efficacité de toutes ces manœuvres et peuvent elles faire la différence ? Ajouter à cela le contexte politique actuel qui joue largement en leur faveur. Le parti a alors pu se taire durant l’été et se mettre en retrait pour marquer cette différence qu’il prône entre eux et l' »UMPS » qui en ont profité pour abaisser le débat politique sur la question du Burkini.

Tout pousse Marine Le Pen à avoir de sérieuses raisons d’y croire : les attentats, l’éclatement des partis traditionnels et leurs primaires qui divisent sans rassembler à tel point que le candidat respectif de chaque camp risque d’en sortir plus faible et moins légitime qu’avant. La vague de derrière, celle que l’on ne sent pas venir mais qui finit par nous emporter pourrait bien être « l’apaisée » Marine. Nos appareils politiques sont à bout de souffle, leurs mises à jour pourraient nous éviter la voie politique violente dans laquelle nous sommes engagés.