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Front contre front, communes responsabilités

Après avoir voté pour Benoit Hamon au premier tour, je voterai contre Marine Le Pen le 7 mai, sans aucune hésitation. Mais l’honnêteté intellectuelle doit quand même me faire dire que je n’ai aucun argument valable à faire valoir pour convaincre mes amis qui ne feront pas ce choix. Aucun argument en effet, quand face à la force des convictions des Insoumis, ou des partisans d’une droite dure, je n’oppose que la bannière usée d’un front républicain qui n’existe plus depuis longtemps.

Où était le front républicain lors des deux précédents quinquennats, quand droite et gauche ont proposé l’une ou l’autre de ne plus accepter les visas pour étudiants étrangers ? De laver au karcher les banlieues qu’ils avaient lâchement abandonnées aux turpitudes en tout genre ? De faire de l’islam le bouc émissaire des conséquences de leurs propres alliances avec les pires dictatures sunnites du globe ? De déchoir de leur nationalité des français qui tuent d’autres français, pour mieux faire oublier que c’est bien nous qui avons créés ces monstres, procédé bien utile du reste pour cacher cette misère sociale que l’on ne saurait voir, manifestation éphémère du déni bien réel de nos responsables politiques ? Le front républicain était-il sur cette plage de Nice où des policiers ont sommé une femme de changer de maillot de bain au nom de sa propre liberté ? On ne peut s’élever indéfiniment contre le racisme quand on a nous-même, démocrates, contribué aux conditions de son épanouissement.

Aucune force à mes arguments en effet, quand face à des convictions politiques que je ne partage pas, je ne peux opposer que la survie d’un système politique qui cause depuis plus de 20 ans notre propre perte. Le moindre mal ne suffit plus à éviter le pire. Il ne suffit plus à nous gouverner, à opter pour des alternatives crédibles aux maux de notre société, loin des délires homophobes et sécuritaires de certains, et des tentations russes et populistes des autres. Je voterai le 7 mai pour éviter à mon pays la honte d’avoir été un jour dirigé par l’extrême droite, car non ce n’est pas gagné d’avance ! Mais dès le 8 mai, si nous ne faisons rien, ce sursis pourrait bien être la cause de notre perte.