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Fillon, et l’éducation

François Fillon se veut être un candidat de la droite dure. Offensif envers la Sécurité Sociale, l’enseignement, il demande également un référendum pour inscrire l’égalité du privé, avec le public dans la Constitution. Il semble apprécier l’effet de surprise qui l’accompagne suite à une primaire ou personne ne l’aurait donné gagnant. Il envisageait dès lors, un sort peu souhaitable aux institutions publiques lors d’un diner diffusé sur la chaîne Public Sénat, dans lequel il assurait qu’il aurait recours à tous les moyens que donne la 5ème République (ordonnances, 49-3, …) afin d’éviter une quelconque réaction sociale.

Le candidat du parti Les Républicains, a également déclaré qu’il n’allouerait pas plus de moyens à l’école parce qu’elle « disposes d’ores et déjà de bien assez de moyens ». François Fillon semble être à la logique, ce qu’un enterrement est à l’amusement, puisque, depuis maintenant plusieurs années, la France fait partie des pires cancres de toute l’Union Européenne en matière d’éducation. Pire encore, l’école « de la République » elle-même est directement responsable de l’accroissement des inégalités. Ce sont des dizaines de rapports qui passent sous le nez de nos responsables politiques depuis maintenant plusieurs années, sans qu’ils ne réagissent.

Il faut analyser ceci de manière politique : Qui donc ira voter pour Fillon ? Son électorat est résolument sénior, si l’on regarde – toujours avec précautions – les enquêtes d’opinion. Rappelons tout de même quels sont les enjeux. Une droite conservatrice majoritairement âgée, ayant donc pu profiter des acquis sociaux obtenus durant les décennies passées, prétend aujourd’hui qu’il faut les supprimer en invoquant le spectre de l’assistanat. Malheureusement, l’évocation de ce spectre suffit à décrédibiliser ce discours ; la fraude aux allocations impact 120 fois moins les budgets de l’Etat que l’évasion fiscale qui elle coûte chaque année plus de 60 milliards aux contribuables.

62% des 18 – 35 ans seraient prêt.e.s à défendre un mouvement de révolte de grande ampleur. Et quoi que l’on en pense, c’est tout sauf étonnant. Comment se repérer dans des institutions qui semblent, au mieux, tourner en rond, au pire accentuer sciemment les inégalités ? Le modèle politique de la Vème République s’essouffle, et à la surenchère sécuritaire que l’on constate depuis quelque mois, vient s’ajouter des velléités politiques réactionnaires qui entendent s’attaquer aux droits de tous. La droite décomplexée pour creuser sciemment les inégalités, voilà un projet porteur d’avenir.