Et si on avait tort ? (2ème hypothèse)

Dans un précédent billet, je posais la question de savoir si nous avions tort de nous indigner, de nous révolter contre la loi El Khomri, et surtout contre le monde qui l’accompagne. J’avais alors affirmé que la révolte est légitime et nécessaire face à l’injustice. Au-delà de cette affirmation et, en regardant la jeunesse d’aujourd’hui, j’ai eu envie de voir une autre voie que celle de la révolte frontale.

Tout être vivant s’adapte à son environnement et les jeunes ne font pas exception à cette règle. Ecoutez les parler ! Ils n’ont plus de grands rêves, de grandes ambitions de réussite sociale. Bien évidemment une partie de la jeunesse conserve ces aspirations, mais une tendance forte s’est révélée. Profiter de ce dont il est possible de profiter. Pas de la même manière que nous avons pu le faire, qui était plutôt occasionnelle, mais de manière assumée et surtout consciente.

Un fait est particulièrement révélateur, la manière de consommer la télé (instrument d’abrutissement des masses s’il en est…). Les jeunes ne regardent plus la télévision, mais consomment des émissions en replay, où et quand ils le souhaitent (source : la tribune). En 4 ans, ils ont divisé par deux le temps passé devant la télé, mais augmenté de 85% le temps passé à regarder des vidéos. Les jeunes sont maîtres de leur temps. Ils décident de ce qu’ils veulent faire et quand. Autant les générations précédentes avaient une faim insatiable de réussite, une véritable foi dans l’avenir, autant cette jeunesse est, elle bien plus ancrée dans la réalité et dans le présent. En discutant avec l’un deux, celui-ci me disait se définir comme un pessimiste joyeux. Aucune confiance en l’avenir, mais une farouche volonté de vivre, ici et maintenant !

Cette jeunesse a en quelque sorte, et par obligation, retrouvée une des clés du bonheur, vivre le moment présent, le passé ne pouvant être changé, le futur n’existant pas encore, le seul moment digne d’intérêt est ici et maintenant. De la manière la plus naturelle du monde, cette jeunesse a retrouvé un enseignement vieux de plus de 2000 ans : l’épicurisme.

Et si finalement, ils avaient raison ? Carpe Diem !

Les jeunes ne croient pas que le pouvoir politique puisse changer le monde. Ils ne pensent pas non plus pouvoir ou même devoir le changer. Ils sont bien moins attachés que nous aux biens matériels. Bien sûr qu’ils apprécient le luxe, mais il me semble qu’ils ne s’en fassent pas un projet de vie. Quand nous avons essayé de réussir dans la vie, j’ai l’impression que cette jeunesse-là souhaite simplement réussir sa vie. Et peu importe l’environnement dans lequel ils vont devoir évoluer, ils s’adapteront ! Et qu’importe la loi El Khomri et celles qui suivront…