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Et si on avait tort ? (1ère hypothèse)

Depuis des semaines, des mois même, une partie de la France (mais également la Belgique et l’Italie) se révolte contre le monde que nous impose le grand capital.
On détruit le code du travail fruit de 80 ans de luttes, on organise le dumping social et mettant en concurrence des gens tous plus exploités les uns que les autres, on consomme plus d’une planète et demie tous les ans,… bref tous les marqueurs concourent à montrer que nous sommes engagés dans une fuite en avant qui ne peut pas avoir de fin heureuse.

Depuis des mois, un certain nombre d’entre nous, essaye par différents moyens d’organiser une véhémente résistance : manifestations, nuits debout, engagement syndical. Avec un résultat que je qualifierai de dérisoire en regard des énergies déployées…

Et si, nous avions tort ?

Et si finalement, notre combat était injuste et motivé par de mauvaises raisons ? Après tout, rien ne dit que c’est toujours le travailleur qui ait raison et que le grand capital soit nécessairement une honte… Alors faisons un peu un état des lieux et observons l’évolution sur les quelques décennies qui viennent de s’écouler.

– Au chapitre des améliorations : allongement de la durée de vie (bon, il est toujours utile de se demander s’il faut préférer la quantité à la qualité, mais mettons quand même cela dans la colonne crédit…), l’eau courante est plus accessible (mais polluée…), les enfants sont tous scolarisés (mais dans quelles conditions et pour quels résultats…).

– Dans la colonne débit : nous consommons 1.5 planète par an, tous les cours d’eau sont pollués (ou presque), nous avons généré un océan de déchets plastiques, pour avoir atomisé plusieurs régions du monde, l’arctique n’est bientôt plus qu’un concept, 50 % des populations sauvages ont disparues en 40 ans, … Et il faut ajouter à ce brillant tableau le fait  que nous avons monstrueusement augmenter les inégalités entre les hommes.

Si l’on regarde ces résultats, on peut raisonnablement s’accorder sur le fait que nous avons amélioré, en apparence, la situation individuelle des hommes, mais que la situation globale s’est, elle considérablement dégradée. Nous avons pris comme postulat que la croissance pouvait être infinie. Rien ne peut croitre indéfiniment, sauf les nombres !

Alors plutôt que cette course folle derrière toujours plus de consommation, je maintiens que nous n’avons pas tort de lutter contre ce modèle. J’affirme que nous devons résister à la mise en concurrence des hommes entre eux pour le profit de quelques-uns. Je refuse la dictature des marchés, je nie l’unicité du futur qui nous est proposé.

Non, nous n’avons pas tort de nous insurger, et oui à 50 ans on peut encore se révolter, c’est même une impérieuse nécessité.