En Autriche, l’extrême droite reste aux portes du pouvoir

Le dimanche 24 avril avait lieu le premier tour des élections présidentielles en Autriche. Le soir même, la surprise est grande : Norbert Hofer réalise le meilleur score de l’extrême droite autrichienne (FPÖ) depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il arrive largement en tête avec 36,4% des voix loin devant l’écologiste Alexander Van Der Bellen (20,4%). Les partis historiques sont éliminés dès le premier tour : le parti socio-démocrate (SPÖ) et le parti conservateur (ÖVP) n’ont obtenu que 11, 2% des voix. Véritable « tsunami » politique, le lundi 25 avril, la presse autrichienne relève que « le paysage politique hérité de la guerre est à terre » (Salzburger Nachrichten). Le quotidien Die presse titre lui aussi « Le jour où l’Autriche est devenue bleue », en référence aux couleurs du FPÖ.

Afin de réaliser un tel score, l’extrême droite autrichienne a fait le choix, d’une part de présenter un candidat jeune et discret et, d’autre part, de réaliser une campagne offensive populiste et anti-immigration.

Norbert Hofer a évité tout dérapage lors de la campagne et a su séduire par son aspect sympathique et jeune. Pour soigner l’image de son parti, il apparaissait souvent souriant et proche de la population. Par ce comportement de « velours », il s’inscrit en rupture de son prédécesseur Strache, aux propos plus virulents et sulfureux. Le candidat d’extrême droite, par son attitude, a gagné en légitimité et en crédibilité vis-à-vis des électeurs.

Outre ce travail d’image partisane, la campagne électorale s’est déroulée dans un contexte particulier. L’Autriche a connu une hausse du chômage et a été touchée par la crise des migrants. L’année dernière, 90 000 réfugiés ont demandé l’asile, représentant 1% de la population. Norbert Hofer a tenu des positions très dures sur différents sujets. Il souhaite mettre fin à l’immigration illégale par un renforcement des contrôles aux frontières et sortir de l’Union Européenne. Il voudrait également supprimer le port du voile et s’attaquer « à l’islamisation de la nation autrichienne » selon ses propos. Dans cette campagne, l’extrême droite a pu transmettre des idées extrémistes, grâce au travail sur son image.

Le dimanche 22 mai se déroulait le second tour des élections présidentielles. Norbert Hofer était donné favori au vu des résultats du premier tour. Les résultats de ce dimanche étaient si serrés qu’aucun candidat n’était donné vainqueur. Le suspens était à son comble, dans la journée, la surprise était grande : Norbert Hofer venait d’être battu (49,7%) par le candidat écologiste Alexander Van Der Bellen (50,3%). Election marquante en Autriche qui a vu d’un côté l’élection pour la première fois d’un écologiste à la tête du pays et de l’autre la poussée de l’extrême droite.