« Dulce et decorum est pro patria mori est »

« Dulce et decorum est pro patria mori est »

Qu’il est doux et glorieux de mourir pour son pays ! Doucement jeune anarchiste, ceci n’est pas un appel à rejoindre la réserve militaire pour défendre la démocratie et faire la guerre aux « méchants ». Le titre de cet article fait référence à un poème d’Horace, largement critiqué depuis. Je ne suis ni son héritier ni le propriétaire de ses droits d’auteur, ce n’est pas lui que je veux défendre mais l’idée d’engagement qui, selon moi, est derrière ce vers. Appelons ça pays, paroisse ou mouvement de pensée, mourir pour ce qu’on croit, ça a quand même du style. Voyez Che Guevara, Thomas Sankara, Rosa Luxemburg, Jean Moulin pour ne citer que de bons exemples. Auraient-ils toujours autant d’aura aujourd’hui s’ils n’avaient pas été assassinés?

Au delà de la gloire, ces personnalités suscitent un respect quasi unanime de part leur authenticité. Qui peut en effet remettre en cause la sincérité d’une personne prête à donner sa vie pour ce qu’elle pense ? À l’heure où le pragmatisme et la modération sont des valeurs intouchables, il est bon de rappeler le bonheur qui appartient aux authentiques. Celui que ressent le supporteur fidèle d’un club enfin triomphant, celle qui a fait de la lutte contre l’homophobie le combat de sa vie et qui voit enfin son pays adopter la loi dite « mariage pour tous » ou encore celui des électeurs de Jeremy Corbyn ! Bref, celui ou celle qui s’est battue toute sa vie pour une cause sans savoir où cela menait réellement et qui, un jour, voit son rêve se réaliser.

Dulce et decorum est pro patria mori est un appel à se battre pour ce qu’on croit juste. Ne laissons plus les réactionnaires, les va-t-en guerre, les dirigeants se la réapproprier ainsi comme ils se réapproprient et déforment tant de nos idéaux. Bien sur, nous sommes français, nous sommes cartésiens, nous donnons une importance fondamentale au doute. Une idée jamais remise en doute est un dogme, un dogme nuisible. C’est pourquoi il est primordial que nos croyances se confrontent à leurs ennemies et leurs cousines pour qu’on puisse la faire évoluer et ainsi y croire plus fort encore. Indignons et engageons-nous.

« Mourir pour des idées, l’idée est excellente, moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eue » Georges Brassens