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Chic c’est la rentrée

C’est le marronnier le plus connu, la rentrée scolaire. Et très régulièrement pour ne pas dire tous les ans, il y a des réformes (rythmes scolaires, programmes, organisation des cycles…). Chaque rentrée doit apporter son lot de nouveautés et chaque ministre doit laisser son empreinte. Résultat fort logique d’un monde en perpétuel mouvement avec comme paradoxe improbable une immobilité monolithique qui ferait passer le très respectable Stephen Hawking pour un épileptique sous ecstasy…

Il faudra peut-être un jour se poser la question du but réel de l’enseignement (notez bien que je ne parle pas de l’éducation, chacun son métier, l’éducation c’est le boulot des parents). À mon sens, l’intérêt d’une communauté (fût-t-elle une nation) est d’avoir un maximum de jeunes individus éveillés, curieux du monde qui les entoure, pour être en capacité d’imaginer un monde meilleur. Il me semble essentiel d’avoir des jeunes qui rêvent non pas d’avoir une Aston Martin mais d’un monde beau et harmonieux.

Or que fabrique aujourd’hui notre pays ou plus généralement notre monde ?

Des armées entières de jeunes à qui l’on apprend avant tout à se conformer à la masse, à ne pas sortir du rang, à se résigner et surtout à ne plus rêver. Il n’y a qu’à regarder le leitmotiv de nos dirigeants : gommer impérieusement les inégalités ! Il n’est pas de plus grandes tartufferies que de nier que nous sommes tous inégaux. Nous devrions l’être devant la loi mais même là nous sommes inégaux. Nous ne sommes pas égaux, c’est un fait, juste un fait, rien qu’un fait. Certains courent le 100m en 9.56 s, d’autres peignent Guernica ou la Joconde quand un troisième théorise la relativité. L’un a-t-il plus de valeur que l’autre ? Et pourtant, notre société veut que nous rentrions tous dans le même moule, qu’un seul et même système soit la règle pour tout le monde.

Nous sortons des bataillons de bacheliers mais l’immense majorité de ces jeunes ne savent pas quoi faire de ce diplôme. Notre système fabrique des diplômés par dizaines de milliers, mais combien savent ce qu’ils veulent de leur vie et pourquoi ? Apprenons-les à trouver leurs talents, ce qu’ils ont en plus ou de différents par rapport aux autres. La différence n’est pas une tare, c’est la première source de progrès. Vouloir gommer ces différences, là est la tare.