Ce que nous apprend l’affaire Finkielkraut sur les médias

Samedi 16 avril, la machine médiatique s’est affolée. BFM TV a publié le soir même une vidéo de l’altercation verbale entre l’académicien Alain Finkielkraut et quelques participants à la Nuit Debout parisienne. A l’instant de sa publication, la vidéo fait le tour du web et des réseaux sociaux. Pari gagnant pour la chaîne en continu : publier une vidéo pour faire le buzz.

Mais quel est le véritable rôle d’un média ? La question se pose. La vidéo de BFM TV ne présentait qu’une partie de la réalité et aucun journaliste n’était sur place pour confirmer les faits, pour avoir une vision globale de ce qu’il s’était passé. Faire du journalisme de son bureau est chose facile mais quelle est la valeur ajoutée de l’information donnée ? Et quelle réalité est donnée à voir ? Le média en faisant ce choix a pris le parti d’ignorer les faits qui ont eu lieu avant cette altercation. Avant que certaines personnes ne demandent à Finkielkraut de partir, il a pu assister à l’Assemblée Générale.

Étonnant n’est-ce pas ? Cette réalité a été ignorée et occultée par une grande partie des médias. Alain Finkielkraut a ainsi souvent été présenté comme victime de Nuit Debout. Même Laurent Joffrin, Directeur de Publication à Libération, a donné son avis dans un édito « Finkielkraut expulsé, malaise à Nuit Debout ». Ces propos sont virulents à l’égard du mouvement et les faits dont ils parlent n’ont pas eu lieu. « Quand on passe aux insultes, aux crachats, c’est qu’on est à court d’arguments ». Quelques insultes ont fusé mais personne n’a craché en direction de l’académicien. Il continue et signe en disant que cette altercation est un « aveu de faiblesse intel­lectuelle ». Propos virulent sans être sûr des faits, mais où sont passées la retenue et la déontologie journalistique ?

Hubert Beuve-Méry, fondateur du journal Le Monde, avait pourtant prévenu puisqu’il disait « le journalisme, c’est le contact et la distance ». Contact avec le terrain et distance afin de prendre du recul face aux événements. A travers cette polémique, l’afflux de réactions du monde politique et médiatique montre que chacun se devait de donner un avis pour exister.

Mais finalement à qui sert cette polémique ? Sûrement pas à Nuit Debout mais à Finkielkraut. Coup de publicité ? Il a fait le tour des médias pour propager sa haine du mouvement. Le 19 avril, il déclarait dans une tribune au Figaro « Tout le monde s’en fout de Nuit Debout ». Malgré les propos méprisants de l’académicien, le mouvement Nuit Debout a réussi à éteindre la polémique et continue à écrire son histoire.