Et là, Benoît Hamon parle culture

Mercredi 25 janvier, débat d’entre deux tours des primaires de la gauche entre Benoît Hamon et Manuel Valls. Des thématiques ont été choisies pour orienter le débat : principalement l’emploi, l’écologie, la dette, la laïcité, la sécurité, l’international. Chaque candidat dispose en outre d’une “carte blanche”, une séquence qui permet aux candidats d’exposer librement des propositions pendant deux minutes. Et soudain, Benoît Hamon profite de sa carte blanche et parle de culture.

Il regrette le manque de considération accordé à la culture pendant la campagne : pas une fois depuis les débats du premier tour les candidats n’ont été interrogés sur leur politique culturelle. M. Valls et JL. Bennahmias avaient d’ailleurs conclu le troisième débat du premier tour en soulignant l’absence de la culture dans les thèmes évoqués durant les échanges ; mais qu’importe, TF1, France 2 et France Inter n’ont pas jugé cette thématique suffisamment importante. Elle est pourtant un marqueur traditionnel de la gauche, et est cruciale bien au-delà des considérations électorales : pas de l’avis de ces trois grands médias.

Le candidat arrivé en tête dimanche dernier détaille ses mesures. Il veut la création d’un statut d’artiste pour encourager l’entreprenariat culturel, puis évoque la nécessité de repenser le droit d’auteur à l’heure du numérique, ère de transformation de la culture tant au niveau de la création que de la diffusion. Son programme comporte également une loi antitrust pour garantir l’indépendance des médias en empêchant des grands groupes de prendre le contrôle de l’information au détriment de l’intérêt général.

Après avoir exposé la politique culturelle qu’il entend mener, B.Hamon clôt cette séquence. Pujadas prend la parole et enchaîne sans transition “Bien, dans un instant nous allons parler de sécurité, de terrorisme et de la place de la France dans le monde”. C’était la brève parenthèse culturelle, venue s’immiscer dans une campagne présidentielle qui délaisse la culture depuis son lancement. Et quelle place donner à la culture, n’est-elle pas essentielle ? Mais c’est maintenant l’heure des sujets sérieux de D. Pujadas : la culture peut-être, la sécurité surtout.