Benoît Hamon, le fiasco d’une campagne

Faire battre le cœur de la France. Tel était le leitmotiv de Benoit Hamon. Pourtant, à moins de deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, sa campagne est au bord de la syncope. Entre contexte politique difficile, débats ratés et défections dans son propre camp, la campagne du parti socialiste a rarement semblé si tourmentée.

Tout a commencé avec les révélations du Canard enchaîné, qui bouleversèrent la campagne de François Fillon. Dans son édition du 25 janvier, l’hebdomadaire dévoile que Pénélope Fillon, épouse du candidat, fut rémunérée 500.000€ brut pour des emplois d’attachée parlementaire auprès de son mari. Toutefois, l’absence de traces convaincantes de son travail et sa prise de distance avec la vie politique de son mari conduisent le journal à soupçonner des emplois fictifs. Après ces révélations, l’espace médiatique est saturé. Tout débat de fond est éclipsé au profit des affaires. Or, Benoit Hamon avait fait du débat d’idées sa figure de proue. Bâillonné à son cœur défendant, le candidat socialiste ne parviendra jamais à faire entendre sa voix.

Outre les affaires, un autre élément perturbateur va considérablement plomber la campagne de Benoît Hamon. C’est Emmanuel Macron. Le phénomène passionne. Au grand dam du candidat socialiste, les projecteurs se dirigent inexorablement vers l’ancien Ministre de l’économie pour laisser l’ancien Ministre de l’Education dans l’ombre. La campagne socialiste peine à démarrer.

Benoît Hamon attendait pourtant le débat pour lancer sa campagne. Mais il n’a fait que l’enterrer. Au cœur de la joute oratoire, il passe inaperçu, éclipsé par un Macron étonnant et un Mélenchon chaud bouillant. Le candidat de la France Insoumise s’affirme alors comme le véritable champion de la gauche.

Finalement, le coup de grâce provient de son propre camp. Manuel Valls, Jean-Yves Le Drian, François de Rugy, ou même Bertrand Delanoë… tous lui préfèrent Emmanuel Macron. Benoit Hamon se retrouve donc soutenu par un demi PS, qui ne sait plus sur quel pied danser. Désormais sous la barre des 10% d’intentions de vote, le frondeur frondé n’a plus que quelques précieux jours pour tenter d’inverser la tendance. Mission impossible ?