Avez-vous peur de la démocratie ?

Pour certains, l’excès de démocratie peut paraitre dangereux, il risquerait de libérer les passions du peuple, passions irréfléchies, violentes. Provoquant un désordre global, dans la société. Beaucoup de philosophes (Socrate, Platon…) accusent la démocratie d’être cacophonique, anarchique, irrationnelle.

Imaginons cependant la France avec un système démocratique sans représentants où le pouvoir politique est directement confié aux citoyens avec une règle majoritaire.
Une sorte d’omnicratie (le pouvoir de tous sur tout) selon un terme méconnu défini par le philosophe Thierry Ménissier. C’est-à-dire que n’importe quel citoyen français peut voter sur tout et soumettre n’importe quelle proposition aux votes des 43 millions d’électeurs français, la majorité décidera d’y donner suite ou pas. Chacun a la responsabilité de participer ou non à l’évolution de la société. Et cette « omnicratie » entraînerait peut être avec elle une politisation des citoyens qui débattraient sûrement entre eux d’un futur vote ou proposition. La dimension délibérative de la démocratie trouverait sa place dans la discussion de tout avec tous.

On peut imaginer que chaque citoyen français recevra à sa majorité, non pas le droit de vote mais une sorte de tablette connecté à ses 43 millions de co-citoyens, permettant trois actions : proposer, voter, améliorer.
On peut parier que la société s’autorégulerait et trouverait un certain équilibre. En effet, avec 43 millions d’électeurs, les propositions les plus légitimes récolteront la majorité pour pouvoir être ensuite appliquées. Les délais de mise en application d’une proposition ou de renouvellement du vote seront à définir ou à redéfinir au préalable avec un sorte de constitution qui encadrerait cette démocratie.

Prenons un exemple sur un cas précis :
Une proposition est donc soumise aux citoyens pour augmenter la quantité maximale de poissons autorisés à la pêche chaque année. Sans caricaturer, imaginons que tous les pêcheurs de France se réjouissent de cette idée et votent pour. En revanche, beaucoup d’associations et de spécialistes désirant préserver l’équilibre sous-marin votent contre cette proposition car elle pourrait provoquer un déséquilibre écologique.

L’idée est que les votes sur des propositions exprimant des intérêts particuliers ou des convictions individuelles créent un équilibre, expression de l’intérêt général.

Terrifiant, non ?