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Autour de l’affaire Weinstein, une affaire de société

La déferlante d’affaires qui scande nos actualités depuis un mois est le résultat, non pas du scandale Weinstein, mais de longues campagnes de sensibilisation contre le harcèlement des femmes et de l’éprouvant combat féministe engagé depuis plusieurs siècles pour l’égalité des sexes – et aujourd’hui des genres -. Si la libération de la parole et, plus encore, la conscientisation ne doivent être entravées, on ne peut néanmoins occulter certains débats.

Le premier est la question du droit. La demande de justice au cœur des revendications, parfaitement justifiée, n’est-elle pas mise à mal par le risque de calomnie infondée facilitée par les réseaux sociaux, voire de justice populaire, et donc expéditive ? Si ces affaires ont pointé du doigt à raison les zones d’ombre du droit tels que la question du consentement chez les mineurs ou le délai de prescription pour une affaire de viol, ces dernières ne doivent pas se substituer à l’institution, seule autorité garante des droits des individus vivant en société. Ne condamnons pas tout de suite la présomption d’innocence.

Le rythme des affaires nous fait également oublier la situation délicate et précaires des victimes anonymes. Il n’est pas évident pour ces dernières de prendre la parole car cela reviendrait pour elles à s’exposer, non à une couverture médiatique dont ne dispose pas le commun des mortels, mais à d’autres pressions. Nous nous devons certes de les encourager, mais pour cela il nous faut garantir la sécurité et l’écoute pleine et entière. Tout l’inverse de ce qu’encourage certains influenceurs ; car on ne vit pas (de) la souffrance d’autrui. Le malheur des un(e)s ne doit pas faire le buzz des autres. De même que l’on ne doit pas négliger les hommes victimes de viol et d’harcèlement qui eux aussi existent mais sont omis fréquemment dans nos débats !

Dans ce contexte c’est toute la société qui se remet en question, et ce même dans sa manière d’écrire – pas assez inclusive pour certain.e.s – ou d’appréhender un artiste et son œuvre. Conséquences et non solutions d’un mouvement qui travaille en profondeur.