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15 ans pour oublier l’Histoire et la revivre

Le 21 avril 2002, Lionel Jospin, candidat du PS, est éliminé de l’élection présidentielle. Jacques Chirac sera opposé à Jean-Marie Le Pen. Jospin déclare se retirer de la vie politique et appelle à voter Chirac. Il se lave les mains de sa mauvaise gestion des affaires publiques, de sa mauvaise campagne (on a bien travaillé, argumentait-il) et laisse ses partisans dans les brumes de sa médiocrité politique.

Le 1er mai 2002, la jeunesse française descend dans la rue pour crier son rejet du FN. Il y a tant de monde, qu’à Paris, entre République et Bastille, la manifestation déborde rue de Turenne, parallèle au boulevard : du jamais vu. Presque toute la classe politique appelle à voter Chirac. On parle de « Front Républicain ».

Le 5 mai 2002, Chirac est élu avec plus de 80 % des voix. Le Pen a obtenu plus de voix au second tour que toute l’extrême-droite au premier. Le Front National va être en retrait pour les deux élections suivantes : changement de président, de candidat, il semble se faire oublier pendant 15 ans.

Le 23 avril 2017, François Fillon, candidat de LR, est éliminé de l’élection présidentielle. Emmanuel Macron sera opposé à Marine Le Pen. Fillon déclare redevenir un simple militant de cœur et appelle à voter Macron. Il se lave les mains de son parjure moral (mis en examen, je ne me présenterais pas, disait-il), de sa mauvaise campagne et laisse ses partisans dans les brumes de sa médiocrité politique.

Une grande partie de la classe politique appelle à voter Macron, crédité de 60 % seulement. La droite ne forme pas un bloc uni. Jean-Luc Mélenchon tarde à se prononcer : ses Insoumis se « déchirent » en discutant du choix à faire. À droite comme à gauche, toutes les options seront prises : de l’abstention au vote FN. On ne parle plus de « Front Républicain ».

On considère le FN comme un parti normal puis, soudain, on voudrait que tout le monde se rallie contre lui. Sans conditions ! Est-ce normal d’avoir à dire oui à ce qu’on rejette, sans conditions ? Est-ce normal d’avoir à voter contre ses convictions, sans conditions ? Pas de négociation, pas de contrepartie ? Pas de garantie de prise en compte de ces voix différentes et nombreuses ? Démocratie ?